Nouvelle-Calédonie: la présidence du gouvernement échoit à un parti centriste
information fournie par AFP 31/07/2026 à 08:47

Milakulo Tukumuli, du parti Éveil océanien, à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, le 31 juillet 2026 ( AFP / Delphine Mayeur )

Le centriste Milakulo Tukumuli a été élu vendredi président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie à la faveur d'une alliance entre son petit parti, l'Éveil océanien, et les formations non indépendantistes.

Quelques heures après leur élection par le Congrès vendredi 31 juillet, les onze membres du 19e gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie se sont réunis pour choisir leur président et leur vice-président.

M. Tukumuli a été élu par six voix contre cinq face à Gilbert Tyuienon, candidat des indépendantistes, a constaté l'AFP.

Cette élection clôt le renouvellement des institutions calédoniennes amorcé le 28 juin avec les élections provinciales.

De ce scrutin découlent successivement la composition des trois assemblées provinciales, celle du Congrès, puis celle du gouvernement, qui est collégial et doit refléter les équilibres au Congrès.

Malgré seulement quatre élus au Congrès, l'Éveil océanien occupe une position stratégique: si les indépendantistes restent le premier bloc politique de l'Assemblée, ils ne disposent pas, avec 26 sièges sur 54, de la majorité absolue.

Comme en 2019, cette formation centriste, principalement implantée au sein de la communauté wallisienne et futunienne, s'est retrouvée en position de faire basculer la majorité.

Si elle avait choisi en 2019 de s'allier aux indépendantistes, ouvrant la voie à l'élection de Louis Mapou à la présidence du gouvernement, elle s'est rangée cette fois aux côtés des indépendantistes dans le cadre d'un "pacte de gouvernance”.

Cette alliance a déjà permis l'élection de Virginie Ruffenach (Le Rassemblement-Les Républicains) à la présidence du Congrès le 10 juillet dernier.

"C'est une grande responsabilité", a réagi M. Tukumuli, affirmant vouloir présider "un gouvernement collégial et solidaire". "La mission de ce nouveau gouvernement est assez simple: elle consiste à réformer notre pays", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de son élection.

La vice-présidence est revenue à Christopher Gygès (Les Loyalistes), porte-parole du précédent gouvernement.

Traditionnellement, cette fonction revient à un membre de l'opposition, mais l'accord de gouvernance entre l'Éveil océanien et les non indépendantistes a conduit ces derniers à revendiquer ce poste, puisqu'ils ont laissé la présidence au parti centriste.

Les élus indépendantistes du FLNKS ont regretté cette décision.

"L'esprit de l'accord de Nouméa qui prévalait, à savoir une présidence majoritaire et la vice-présidence revenant à l'opposition, n'est pas au rendez-vous", a déploré auprès de l'AFP Juanito Wamytan.

Il a toutefois assuré que les onze membres du gouvernement devraient "trouver les équilibres malgré le contrat de gouvernance" afin de "sortir le pays de l'ornière". Le territoire ne s'est pas encore remis des émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d'euros de dégâts.

Les membres du gouvernement disposent désormais d'un délai de dix jours pour se répartir les portefeuilles.