Nouvel appel à bloquer facs et lycées, avec la grève de jeudi en ligne de mire
information fournie par AFP 03/11/2026 à 02:25

Des poubelles et des pancartes devant le lycée Saint-Sernin à Toulouse, le 2 novembre 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

Décidées à "ne rien lâcher" face aux annonces du gouvernement jugées insuffisantes, les organisations de jeunesse appellent à des blocages massifs des facs et lycées mardi, avant de rejoindre la mobilisation interprofessionnelle nationale de jeudi sur le pouvoir d'achat.

"Le mouvement ne s'arrête pas : les étudiants continuent de vouloir se mobiliser", affirme à l'AFP Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante.

"Il faut continuer à montrer, notamment à Matignon, que les facs sont toujours mobilisées, que ça ne s'arrêtera pas si facilement, et qu'il faut maintenant répondre avec du concret", renchérit-elle.

Lundi, au retour des vacances de la Toussaint, environ 15% des établissements de l'enseignement supérieur ont de nouveau connu "des perturbations", variables, selon le gouvernement.

Du côté des lycées, la mobilisation reste aussi d'actualité avec le retour lundi de poubelles carbonisées et de blocages devant plusieurs établissements.

"On a voté une semaine noire" et "on sera à la manif du 5 (novembre), on va organiser un cortège lycéens", a expliqué à l'AFP Natie, en première au lycée Rive gauche de Toulouse. Dans son établissement, une centaine de jeunes prévoit d'organiser un blocage toute cette semaine.

Selon le ministère de l'Éducation, 41 établissements étaient bloqués lundi (sur 3.700). L'Union syndicale lycéenne (USL) en a recensé quatre fois plus environ.

Le chiffre s'annonce plus élevé mardi, la première journée ayant été davantage, dans les lycées comme dans les facs, plutôt consacrée à l'organisation de la poursuite du mouvement.

Mardi, "on recommence frontalement dans la mobilisation", souligne auprès de l'AFP Manon Moret, secrétaire générale de l'Unef, qui souhaite que "ça dure" jusqu'à jeudi, journée où tous les salariés du privé et du public sont appelés à la manifestation et à la grève à l'appel de la quasi-totalité des syndicats. "Là on espère que ce sera massif", dit-elle.

Après plus d'un mois de blocus, le gouvernement a annoncé une série de mesures la semaine dernière pour tenter d'éteindre la colère des jeunes. Parmi elles, le remplacement progressif d'ici 2028 de Parcoursup, qui cristallise une grande partie des revendications.

Incertitudes sur le parcours

Les ministres de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur ont également promis l'annulation des suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.

Selon Matignon, le Premier ministre a également demandé au ministre de l'Éducation nationale de veiller à ce qu'une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation. Un "premier pas" jugé insuffisant par les organisations de jeunesse.

D’autres mesures "nécessitent un travail de fond d'ici la fin du mois de décembre", a plaidé lundi le ministre de l'Éducation, citant le chantier du contrôle continu ou celui du temps scolaire.

L'intersyndicale regroupant l'USL, l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame de son côté un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur ainsi que l'abrogation pure et simple de Parcoursup.

Lycéens et étudiants comptent se joindre jeudi à la journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat qui, pour la première fois depuis la rentrée, doit réunir salariés du privé, fonctionnaires et retraités.

Le parcours parisien de cette manifestation, également soutenue par des gilets jaunes, n'a pas encore été validé par les autorités.

"Ce n'est pas sérieux de travailler dans ces conditions-là", a dénoncé lundi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. "On a besoin d'avoir les parcours à l'avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris".

Depuis les émeutes et les pillages du 17 octobre, la préfecture de police a refusé aux manifestants de déambuler ces deux derniers samedis au cœur de la capitale, n'autorisant que des parcours alternatifs en lisière de la ville.

Le collectif Interfac Île-de-France, qui voulait manifester mardi entre le Panthéon et le siège du Medef, s'est également vu opposer un veto par la préfecture et proposer un parcours en périphérie, ce qu'il entend contester en justice.