Norvège: jugé pour viols, le fils de la princesse Mette-Marit plaide non coupable
information fournie par AFP 03/02/2026 à 12:27

Marius Borg Høiby, le fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, le 16 juin 2022 à Oslo ( NTB / Håkon Mosvold Larsen )

Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, a plaidé non coupable des accusations de viols mardi au premier jour d'un procès retentissant qui plonge la famille royale dans l'embarras.

Né d'une relation antérieure au mariage de sa mère avec le prince héritier Haakon en 2001, M. Høiby, pantalon et pull verts et chaussures blanches, a répondu par la négative, en marmonnant, aux quatre accusations de viols entre 2018 et 2024.

Le visage inexpressif, portant lunettes épaisses et boucle d'oreille, le jeune homme de 29 ans a écouté, debout, la lecture de l'acte d'accusation qui contient 38 chefs passibles au total de 16 ans de prison.

Il a reconnu des faits, plus mineurs, de violences, des menaces, une violation à la législation sur les stupéfiants et d'autres infractions routières, notamment.

Il a été arrêté le week-end dernier sur la base de nouveaux soupçons, dont des menaces avec un couteau, et placé en détention provisoire pour quatre semaines à la demande de la police "en raison du risque de récidive".

Après la lecture de l'acte d'accusation, le parquet a détaillé les circonstances des viols et violences présumés pendant que l'accusé, tête baissée, agitait nerveusement les mains et les jambes.

Une première victime présumée de viol doit déposer dans l'après-midi. M. Høiby donnera sa version mercredi.

- Justiciable comme les autres -

"L'accusé est le fils de la princesse héritière. Il fait partie de la famille royale. Il doit néanmoins être traité de la même manière que toute autre personne poursuivie pour les mêmes infractions", a insisté le procureur Sturla Henriksbø mardi.

"Il ne doit être ni traité plus sévèrement ni avec plus d'indulgence en raison de ses liens familiaux", a-t-il dit.

La défense n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès.

Le jeune homme aux allures de "bad boy" avec ses tatouages, avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d'avoir agressé sa compagne au cours de la nuit précédente.

Après son arrestation, il avait remis aux policiers un téléphone portable détruit et dépourvu de carte Sim, a indiqué M. Henriksbø.

Quelques jours plus tard, il dira avoir agi "sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne après une dispute", et précisera souffrir de "troubles mentaux" et lutter "depuis longtemps contre la dépendance" à la drogue.

D'ex-compagnes avaient pris la parole et assuré qu'elles avaient elles aussi été violentées, physiquement et psychologiquement.

Mardi, M. Henriksbø a souligné qu'en droit pénal, un accusé ne peut s'abriter derrière l'excuse de l'ivresse.

L'enquête de la police a permis d'exhumer d'autres délits et crimes présumés, dont les viols de quatre femmes alors qu'elles n'étaient pas en état de se défendre, qu'il a, pour certains, filmés.

En janvier, la police a annoncé six nouveaux chefs d'accusation: en 2020, M. Høiby a notamment transporté, apparemment sans contrepartie, 3,5 kg de marijuana, des faits qu'il a reconnus.

L'identité des victimes présumée est protégée, à l'exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s'est exprimée publiquement sur des violences qu'elle dit avoir subies.

La salle d'audience numéro 250 du tribunal d'Oslo, où se déroule le procès pour viols et maltraitances de Marius Borg Høiby, le 2 février 2026 ( NTB / Lise Åserud )

Alors qu'ils entretenaient une relation, Høiby l'a frappée au visage à plusieurs reprises, lui a asséné coups de pied et coups de poing, l'a saisie à la gorge, projetée contre un réfrigérateur et insultée, selon l'accusation.

- Image écornée -

Pire scandale qu'ait connu la famille royale jusqu'à présent, l'affaire a contribué à écorner l'image de l'institution pourtant populaire grâce aux figures rassembleuses mais vieillissantes du roi Harald et de la reine Sonja, tous deux âgés de 88 ans.

Selon un sondage publié mardi par la chaîne TV2, plus de 70% des Norvégiens estiment que la position de la monarchie s'est affaiblie ces dernières années, également marquées par d'autres controverses.

Incidemment, l'ouverture du procès coïncide avec un vote le jour même au Parlement norvégien sur le maintien du régime monarchique en Norvège, qui devrait recueillir une écrasante majorité.

Le couple princier n'assistera pas au procès.

Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, Mette-Marit mène déjà d'autres combats.

A 52 ans, elle lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse.

Suite à la publication de nouveaux documents aux États-Unis, elle doit aussi depuis ce week-end répondre de ses liens passés --et apparemment étroits-- avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

Le verdict à l'encontre de son fils est attendu plusieurs semaines après la fin du procès, prévue le 19 mars.