Netanyahu défend à l'Onu les actions d'Israël, critique les délégués quittant l'Assemblée
information fournie par Reuters 24/09/2026 à 23:11

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a défendu avec véhémence jeudi aux Nations unies les actions régionales d'Israël, cherchant à contrer l'isolement accru de l'Etat hébreu sur la scène internationale à l'approche des élections législatives israéliennes d'octobre, qu'il pourrait perdre.

Il a de nouveau rejeté l'idée d'un quelconque génocide dans la bande de Gaza. Une commission de l'Onu, des experts indépendants et des ONG israéliennes dénoncent de longue date un génocide commis par Israël dans l'enclave palestinienne.

Des dizaines de délégués ont quitté l'Assemblée générale au moment de la prise de parole de Benjamin Netanyahu, illustrant les difficultés auxquelles le dirigeant fait face entre, à l'étranger, des critiques à propos de Gaza et, en Israël, une campagne politique difficile en amont du scrutin du 27 octobre.

Benjamin Netanyahu s'en est pris aux délégués boycottant son discours, les qualifiant de "moralement lâches", et a également attaqué le maire de New York, Zohran Mamdani, qui avait exprimé par le passé son intention de faire respecter le mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) visant Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés.

Par ailleurs, le dirigeant israélien, à la longévité record au pouvoir, a accusé des dirigeants européens d'avoir cédé aux pressions de "bandes antisémites", ainsi que le Qatar et la Turquie d'avoir répandu des mensonges à propos d'Israël.

"VOUS NE POUVEZ PAS TAIRE LA VÉRITÉ"

"Vous avez tenté de m'empêcher de venir ici", au siège des Nations unies, à New York, a déclaré Benjamin Netanyahu à l'adresse de Zohran Mamdani. "Vous avez tenté de me réduire au silence. Mais vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas taire la vérité", a-t-il poursuivi.

Entré en fonction en janvier dernier comme maire de New York, Zohran Mamdani avait promis durant la campagne d'ordonner l'arrestation de Benjamin Netanyahu si celui-ci se rendait dans la ville, avant de déterminer qu'il n'avait pas autorité à prendre une telle mesure.

Il s'agit de la première visite du Premier ministre israélien à New York depuis la prise de fonction de Zohran Mamdani. Cette visite est plus courte que les précédentes, alors que Benjamin Netanyahu devait quitter la ville dans la foulée de son discours, sans rencontrer le président américain Donald Trump, réuni en sommet avec le président chinois Xi Jinping.

"Voilà une vérité simple: Israël n'a pas commis de génocide. Israël a évité un génocide", a dit Benjamin Netanyahu à la tribune de l'Onu, accusant sans fondement Zohran Mamdani de soutenir le Hamas. "A ceux qui répandent ces mensonges à propos de mon pays et de nos braves soldats (...), je dis: honte à vous !".

Dans un communiqué publié après le discours du dirigeant israélien, Zohran Mamdani a déclaré que ce dernier a, "comme il l'a fait maintes fois, utilisé son discours pour répéter des mensonges destinés à aseptiser le génocide des Palestiniens".

"Aucun mensonge ne peut changer le fait qu'il demeure visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis et Israël ne reconnaissent pas la légitimité de la CPI, à l'encontre de laquelle l'administration Trump a pris plus tôt cette année des sanctions.

CONTESTATION

Israël a lancé une campagne militaire dans la bande de Gaza en représailles à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 lors de laquelle 1.200 personnes ont été tuées, selon les autorités israéliennes.

Plus de 73.000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive israélienne, d'après les autorités gazaouies, tandis que plus de 2 millions d'habitants de l'enclave palestinienne, complètement ravagée, ont été déplacés par les bombardements.

Au moins 1.390 Palestiniens ont été tués depuis l'annonce en octobre dernier d'un cessez-le-feu chapeauté par les Etats-Unis, alors que les frappes israéliennes ont continué quasi-quotidiennement à Gaza. Cinq soldats israéliens ont été tués dans l'enclave palestinienne depuis cette date. Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement d'enfreindre le cessez-le-feu.

Une commission d'enquête indépendante de l'Onu a dénoncé dans un rapport publié en septembre 2025 un génocide à Gaza incité par les plus hauts responsables israéliens, dont Benjamin Netanyahu.

Deux ONG israéliennes, B'Tselem et Physicians for Human Rights Israel (Médecins pour les droits humains), ont en juillet 2025 accusé pour la première fois Israël de commettre un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza. Des experts indépendants et des chercheurs ont déclaré que les critères juridiques d'un génocide étaient remplis.

A moins de cinq semaines des élections législatives en Israël, la prise de parole de Benjamin Netanyahu à la tribune des Nations unies, jeudi après-midi, a eu des allures de discours de campagne. Les quatre principales chaînes de télévision israéliennes l'ont diffusé en direct.

Les services du Premier ministre israélien ont fait savoir que le gouvernement israélien avait payé pour l'installation dans le quartier new-yorkais de Manhattan de plusieurs centaines de panneaux d'affichage pro-Israël et anti-Iran.

Plusieurs centaines de contestataires se sont rassemblés près du siège des Nations unies. Des dizaines d'entre eux ont bloqué la circulation, criant "Arrêtez d'armer Israël", "Laissez vivre Gaza", "Laissez vivre l'Iran". La police a procédé à leur arrestation.

Durant son discours, Benjamin Netanyahu a critiqué les dirigeants britannique, français et canadien, pour leur décision commune, annoncée ce mois-ci, de prendre des sanctions commerciales contre les colonies juives installées en Cisjordanie occupée. "Ils ont choisi de céder aux foules antisémites. Ils ont choisi la faiblesse", a-t-il dit, minimisant de nouveau les violences perpétrées en Cisjordanie occupée.

(Rédigé par Jean Terzian)