Népal-L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise une semaine après les crues information fournie par Reuters 02/09/2026 à 10:31
par Gopal Sharma et Saurabh Sharma
Les espoirs de retrouver d'autres survivants parmi les milliers de personnes toujours portées disparues au Népal s'amenuisent, ont déclaré mercredi les autorités, une semaine après l'effondrement d'un glacier dans l'Himalaya qui a déclenché des crues soudaines dévastatrices dans ce pays montagneux.
Au moins 1.114 personnes ont été tuées et près de 4.000 autres restent introuvables, les autorités craignant qu'un grand nombre de victimes ne soient ensevelies sous les débris laissés par les inondations qui ont ravagé des villes et des vallées proches de la frontière chinoise.
De l'autre côté de la frontière, au Tibet, le bilan officiel chinois demeure inchangé depuis dimanche, à 16 morts et 546 disparus.
"L'espoir de trouver des survivants diminue", a prévenu Phanindra Paudel, haut responsable du Centre national des opérations d'urgence (NEOC). "Nous prions et nous gardons l'espoir. L'espoir reste l'espoir !"
Les secouristes tentent de retrouver des survivants qui seraient piégés dans les tunnels de plusieurs centrales hydroélectriques, a expliqué le porte-parole de l'armée, Raja Ram Basnet.
Selon les autorités, 279 personnes ont été secourues dans les décombres de sites hydroélectriques, mais au moins 639 autres restent portées disparues.
Des équipes spécialisées venues d'Inde, de Chine et des États-Unis participent aux opérations de sauvetage dans les tunnels, ont précisé les autorités.
Selon Binoj Basnet, général à la retraite qui avait supervisé les opérations de recherche et de sauvetage après le séisme de 2015, "les chances de retrouver des survivants diminuent au fil des jours", en raison "de la nature de cette catastrophe et de la zone touchée par les inondations".
Le Premier ministre népalais Balendra Shah a déclaré que l'accent serait désormais déplacé des opérations de recherche, de sauvetage et d'aide d'urgence vers la réhabilitation et la reconstruction.
"Le gouvernement se concentre désormais sur la réhabilitation tout en poursuivant ses efforts pour protéger la vie des habitants des zones touchées et fournir les soins médicaux nécessaires ainsi qu'un accompagnement psychologique", a écrit Balendra Shah dans un message publié tard mardi sur les réseaux sociaux.
La catastrophe a laissé au moins 2,2 millions de tonnes de débris, selon une estimation préliminaire du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), comprenant des parties de bâtiments, des roches et des sédiments, soit l'équivalent de six Empire State Building.
"Le volume de débris illustre l'ampleur des destructions et le défi auquel les communautés sont confrontées pour dégager les habitations, les routes et les espaces publics avant d'entamer la reconstruction", a souligné le PNUD.
La région himalayenne est exposée à de graves risques de futures crues glaciaires, a averti mardi un haut responsable des Nations unies, un constat repris par Balendra Shah dans son message.
"Les questions sur les raisons de l'effondrement de la glace et des roches, ainsi que sur la manière dont un volume d'eau aussi important a été généré, doivent trouver une réponse de la part de la communauté internationale", a écrit Balendra Shah.
(Gopal Sharma, Saurabh Sharma et David R Brunnstrom; version française Nicolas Delame, édité par Benoit Van Overstraeten)