Ne plus "jouer avec l'impôt" : Villeroy de Galhau dénonce l'effet "très réel et négatif" de la "créativité fiscale" des parlementaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 13/01/2026 à 09:02

Dans ses voeux pour 2026, le gouverneur de la Banque de France a adressé une nouvelle charge aux acteurs politiques, dont certaines propositions, même inapplicables ou irréalistes, ont des conséquences bien concrètes sur l'activité des entreprises.

François Villeroy de Galhau, à Paris, le 12 janvier 2026 ( AFP / MARTIN LELIEVRE )

"La sagesse est d'arrêter de jouer avec l'impôt". A l'occasion de ses voeux pour la nouvelle année, François Villeroy de Galhau, a une nouvelle fois exhorté les parlementaires à limiter leur "créativité fiscale" pour réduire le déficit budgétaire de la France. Le gouverneur s'exprimait à la veille de la reprise des débats sur le budget 2026 dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

"La créativité fiscale dans les joutes parlementaires, fût-elle virtuelle, a un effet très réel et négatif sur le moral des entrepreneurs", a-t-il affirmé, lundi 12 janvier.

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Le Parlement, incapable d'adopter un budget fin 2025, se montre très divisé sur les questions de fiscalité. Pour François Villeroy de Galhau, "il suffit d'un alliage assez clair: d'abord et surtout, stabiliser les dépenses en volume, qui sont en France les plus élevées non seulement d'Europe, mais du monde. Et du côté des recettes, notre pays peut et doit rendre l'impôt à la fois plus stable et plus juste". "Ramener notre déficit public total à 5% du PIB au maximum en 2026 est à la fois indispensable, et encore atteignable", a estimé le gouverneur de la banque centrale.

Dans le week-end, ce dernier avait notamment alerté quant aux choix du pays concernant les dépenses de retraite, déplorant que "nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes".

Villeroy de Galhau dit son "admiration" pour Jerome Powell, cible des attaques du clan Trump

Du côté de la politique monétaire, il a plaidé pour la stabilité en 2026. "On ne change pas une politique monétaire qui gagne", a-t-il lancé, en s'élevant contre "deux idées fausses". M. Villeroy de Galhau a d'une part fustigé ceux qui trouvent trop restrictive la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Il a rappelé qu'elle était "plus accommodante" que celle de son homologue américaine, la Fed. D'autre part, "il y a une autre idée fausse qui est à l'inverse que nous pourrions relever les taux cette année. Alors je le dis clairement: sauf choc improbable, c'est une théorie fantaisiste", a-t-il affirmé.

Le gouverneur de la Banque de France a par ailleurs apporté son soutien à Jerome Powell, président de la Fed, dont l'indépendance est durement attaquée par le président américain Donald Trump. "Sur la Fed, et vous avez vu les événements des derniers jours, je tiens à redire fort et clair ma totale solidarité et mon admiration pour Jay Powell, modèle d'intégrité et d'engagement pour l'intérêt public", a-t-il déclaré.