Narcotrafic à Marseille: l'enquête sur la mort de Mehdi Kessaci avance, avec dix gardes à vue information fournie par AFP 23/03/2026 à 18:27
Une avancée dans un dossier emblématique: dix personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur l'assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, dont le frère, Amine, figure de la lutte contre le narcotrafic, vient d'être élu au conseil municipal.
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci avait été assassiné de plusieurs balles et en plein après-midi dans la cité phocéenne.
La mort de ce jeune homme de 20 ans totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice avait provoqué une onde de choc.
Quatre mois après ces faits, dix personnes, huit hommes et deux femmes, ont été arrêtées dans la région marseillaise ainsi que dans l'Hérault en lien avec cet assassinat, a précisé le parquet national anti-criminalité organisée, qui mène désormais l'enquête.
Créée en janvier à Paris, cette équipe de magistrats spécialisés pilote désormais les investigations les plus complexes liées au narcotrafic. Le dossier de l'assassinat de Mehdi Kessaci est l'un des plus sensibles qu'il ait récupérés.
Les personnes placées en garde à vue sont soupçonnées par les enquêteurs d'avoir participé à la "logistique" ayant permis l'assassinat, a précisé une source proche du dossier à l'AFP.
La famille Kessaci avait déjà été endeuillée en 2020 avec la mort du grand frère Brahim, impliqué lui dans le trafic, et dont le corps avait été retrouvé carbonisé.
Devenu un symbole de la lutte contre ces violences, son frère Amine vit sous protection policière depuis l'été. Le militant écologiste et anti-drogue a été élu dimanche, à 22 ans, en troisième position sur la liste de gauche hors LFI du maire Benoît Payan à Marseille, reconduit face au Rassemblement national.
"Cette victoire, c'est la victoire de mon petit frère Mehdi", avait-il déclaré dimanche soir, après sa victoire.
- Procès sous haute sécurité -
Ce coup de filet - les premières interpellations dans ce dossier - arrive le jour de l'ouverture d'un procès sous très haute sécurité à Aix-en-Provence, où sont notamment jugés deux chefs présumés de la DZ Mafia pour un double assassinat en 2019, avant la naissance de ce groupe criminel.
Dans le box des accusés est présent Amine Oualane qui est, selon une source proche du dossier, une des pistes étudiées dans l'assassinat de Mehdi Kessaci.
Surnommé Mamine, il doit également être jugé cet automne avec d'autres pour la mort du demi-frère d'Amine et Mehdi Kessaci, Brahim Chabane, assassiné lors d'un triple homicide fin 2020 considéré par les autorités comme un début de "mexicanisation" des violences liées au trafic de drogue.
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années.
Après un funeste record de 49 morts en 2023, les violences en 2024 liées à la guerre des gangs pour le contrôle des points de deal avaient coûté la vie à 24 personnes dans les Bouches-du-Rhône.
Pour tenter d'enrayer le phénomène, la justice a lancé début mars une vaste offensive contre la DZ Mafia en plaçant en garde à vue 42 personnes, dont les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic et a étendu ses activités bien au-delà de Marseille.
L'opération, qui a mobilisé 900 gendarmes, s'est soldée par 26 mises en examen, dont deux rappeurs et un avocat.
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