Municipales-Le RN perd à Marseille et Toulon, Eric Ciotti l'emporte à Nice
information fournie par Reuters 23/03/2026 à 00:24

Le Rassemblement national (RN) a remporté quelques villes en plus au second tour des élections municipales, comme Carcassonne et La Flèche, mais s'est incliné dans les plus grandes villes - Marseille et Toulon - qu'il visait, le scrutin se terminant ainsi sur une note mitigée pour le parti d'extrême droite.

Son camp a, sans surprise au vu du premier tour, décroché Nice, la cinquième ville de France mais ceci est à mettre à l'actif d'Eric Ciotti, le patron de l'Union des droites (UDR), allié au RN, qui a gagné au second tour, avec 48,5% des voix, face au maire sortant Christian Estrosi (Horizons, 37,2%).

"Ce soir, le Rassemblement National et ses alliés l'emportent notamment à Agde, Carcassonne, Carpentras, Liévin, Montargis, Castres, Tarascon, Menton, Orange, Six-Fours-les-Plages, La Seyne-sur-Mer deuxième ville du Var, à Nice avec Eric Ciotti", a déclaré le président du RN Jordan Bardella.

"Les succès de ce soir sont un commencement (...) le commencement d'une alternance qui devra demain s'incarner à l'échelle de la Nation tout entière", a ajouté, lors d'un discours tenu peu de temps après la clôture du scrutin, celui que les sondages donnent comme favori pour l'emporter lors de l'élection présidentielle de 2027.

Le président du RN, Jordan Bardella, avait émis le voeu en janvier de conquérir "plusieurs dizaines de communes" grandes et petites avec quelque 600 listes. Le parti était arrivé en tête dans 93% des 35.000 communes françaises aux élections législatives anticipées de 2024.

Le RN a conservé, dès le premier tour, Perpignan, la seule ville de plus de 100.000 habitants que le parti dirige. Et Sébastien Chenu, porte-parole du parti, a déclaré sur France 2 que le RN et ses alliés avaient doublé le nombre de villes de 40.000 habitants qu'ils administrent, passant de 20 à 40.

Le parti va ainsi enregistrer une vive hausse de ses conseillers municipaux, ce qui peut avoir son importance lors des élections sénatoriales. Mais l'échec du RN à Marseille, la deuxième ville de France, et à Toulon (Var, 180.000 habitants), peut aussi être retenu comme symbole de la soirée.

Et, à Villers-Cotterêts, ville de 10.000 habitants dans le département de l'Aisne, accueillant depuis 2023 la Cité internationale de la langue française, la liste divers centre dirigée par Jeanne Roussel, avec 52,5% des voix, a mis fin à douze ans d'administration par le Rassemblement national.

Voici le détail des résultats dans certaines villes.

MARSEILLE

Le rêve de Marine Le Pen et de Jordan Bardella de créer un séisme politique en s'emparant de la deuxième ville de France n'aura duré qu'une semaine.

Après le score serré du premier tour - avec le maire sortant Benoît Payan (divers gauche, 36,7%) ne devançant que le député RN des Bouches-du-Rhône, l'ancien sarkozyste Franck Allisio que d'un 1,7 point - le premier l'a largement emporté face au second, par 54,66% des voix contre 40,3%.

Benoît Payan, qui avait refusé toute alliance avec la liste LFI de Sébastien Delogu (11,94% des voix au premier tour), a notamment bénéficié du retrait de ce dernier entre les deux tours.

Tandis que Franck Allisio a pâti du maintien au second tour de la liste Les Républicains de Martine Vassal, qui après avoir glané 12,41% des voix au premier tour, en a recueilli 5,02% au second.

TOULON

La députée Laure Lavalette, forte de ses 42,05% au premier tour, portait haut les couleurs du RN dans le département du Var, où sept des huit députés sont issus du parti.

Mais la porte-parole du RN n'a pu augmenter que de cinq points son score au second tour, concédant la victoire à la maire divers droite sortante Josée Massi. Cette dernière, ayant bénéficié du retrait prévu d'un autre candidat de droite Michel Bonnus (3ème au premier tour avec 15,71%), a rassemblé 52,35% des voix.

La circonscription de Toulon avait échappé au parti aux législatives anticipées de 2024 (Yannick Chenevard, Renaissance, l'avait emporté face au RN Sébastien Soulé).

Jean-Marie Le Chevallier, décédé en 2020, avait offert au parti de Jean-Marie Le Pen la première commune de plus de 100.000 habitants aux municipales de 1995 à la faveur d'une triangulaire. Un mandat de six ans marqué par des méthodes clientélistes, des dépenses somptuaires dans une ville déjà surendettée par les années Arreckx, des hausses d'impôts, une politique de "préférence nationale" dans l'administration. Des pratiques qui vaudront à Le Chevallier plusieurs condamnations, dont une en 2001 pour détournement de fonds publics.

CARCASSONNE

Dans la préfecture de l'Aude, qui compte 47.000 habitants, le candidat du RN, le député de la circonscription Christophe Barthès, a réussi son pari de décrocher la mairie, poursuivant sur sa lancée du succès des législatives de 2024.

L'élu d'extrême droite l'a emporté à la faveur d'une triangulaire avec 40,4% des voix contre 30,8% pour le candidat divers droits François Mourad et 28,75 pour Alix Soler-Alcaraz, à la tête de la liste "Carcassonne unie !", soutenue par le PS, le PC, les Ecologistes, le Parti radical de gauche (PRG), Place publique et le Parti occitan.

LENS

Bastion socialiste de quelque 33.000 habitants, Lens était avec Hénin-Beaumont l'autre "cible" du Rassemblement national dans l'ancien bassin minier du nord de la France.

Mais le maire sortant socialiste Sylvain Robert (au pouvoir depuis 2013), à la tête d'une large union de la gauche, l'a emporté dès le premier tour avec 50,72% face au député RN de la circonscription Bruno Clavet (46,49%).

Sylvain Robert l'avait également emporté il y a six ans dès le premier tour, avec 55,48% des suffrages.

NÎMES

Le Rassemblement national avait espéré arracher la ville à la droite après que le maire LR Jean-Paul Fournier a tiré sa révérence après 25 ans de mandat à la tête de la cité gardoise, passant le relais à Franck Proust, ancien député européen soutenu par l'UDI, le Parti radical et Horizons.

Mais, à l'issue d'un triangulaire au second tour, c'est Vincent Bouget, candidat de la gauche unie (hors LFI), qui l'a emporté, avec 40,97% des voix contre 37,5% pour le candidat du RN Julien Sanchez et 21,5% pour Franck Proust.

SAINT-DIZIER

La députée RN Laurence Robert-Dehault, hypnothérapeute de profession, a perdu dès le premier tour dans la ville la plus peuplée de la Haute-Marne (près de 23.000 habitants) marquée par le déclin industriel, terminant loin derrière le maire divers droite sortant Quentin Brière, qui avait glané 59,31% le 15 mars.

(Rédaction de Paris)