Municipales: la victoire du RN à Montargis annulée par la justice
information fournie par AFP 24/09/2026 à 23:31

La justice a invalidé jeudi l'élection municipale de Montargis remportée de justesse par le Rassemblement national en mars, jugeant que la diffusion d'une vidéo diffamatoire avait pu altérer la sincérité du scrutin, ( AFP / Ludovic MARIN )

La justice a invalidé jeudi l'élection municipale de Montargis remportée de justesse par le Rassemblement national en mars, jugeant que la diffusion d'une vidéo diffamatoire avait pu altérer la sincérité du scrutin, une décision que le parti va contester.

Lors des municipales de mars, le candidat RN, Côme Dunis, l'avait emporté de 59 voix dans la ville de 15.000 habitants qui était dirigée par la droite depuis 2001.

Il avait obtenu 34,64% des suffrages au second tour, en tête devant le communiste Bruno Nottin (33,10%) et le maire sortant, Benoît Digeon (divers droite), arrivé troisième avec 32,26% des voix.

L'abstention avait atteint près de 47% dans cette ville marquée par les émeutes urbaines de juin 2023 et où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.

M. Dunis a démissionné de ses fonctions de maire début août pour raisons médicales, remplacé par son adjoint à la sécurité et ancien policier, Dominique Coquelle.

Irrégularité établie

Les deux requérants, Bruno Nottin (PCF) et Dalip Vehapi (PS), membres de la liste d'union à gauche, avaient déposé un recours en dénonçant des "vidéos diffamatoires" et la poursuite d'actions de communication après la clôture de la campagne officielle.

"La diffusion sur les réseaux sociaux, entre les deux tours, d'une vidéo accusant Bruno Nottin de faux en écriture publique" est une irrégularité "établie", a estimé jeudi le tribunal administratif d'Orléans. Ces propos présentent "un caractère diffamatoire" et ont été "largement diffusés, en particulier par Côme Dunis", a ajouté le tribunal.

M. Nottin, greffier au tribunal de Montargis, avait dénoncé "une vidéo absolument scandaleuse consultée 24.000 fois".

"Je me félicite de cette décision, justice a été rendue. J'ai été sali et traîné dans la boue", s'est félicité M. Nottin, indiquant qu'il était "prêt à retourner devant les électeurs le plus vite possible pour tourner la page le plus rapidement possible".

"La diffusion d'un message à caractère diffamatoire peut influencer le choix d'une partie des électeurs et fausser ainsi les résultats du scrutin", estime le tribunal administratif, en particulier "quand il y a un faible écart de voix" entre les candidats.

"Surpris"

Le Rassemblement national, qui dispose d'un mois pour faire appel du jugement, a d'ores et déjà annoncé qu'il saisirait le Conseil d'État.

"On est assez surpris de cette décision", a réagi auprès de l'AFP le député RN du Loiret Thomas Ménagé. "On prend acte, mais on utilisera toutes les voix de recours pour contester cette décision", a-t-il ajouté, estimant qu'elle créait "la possibilité pour n'importe quel élu de faire annuler une élection".

Si le jugement était confirmé par le Conseil d'État, l'organisation des nouvelles élections devra intervenir dans les trois mois.

En Alsace, une autre victoire du RN aux municipales est menacée d'annulation. Une audience doit se tenir mardi devant le tribunal administratif de Strabourg autour de la validité du scrutin de Wittelsheim (Haut-Rhin), première commune alsacienne conquise par le Rassemblement national en mars.

Dans un autre dossier, les victoires de La France Insoumise (LFI) aux municipales de Vénissieux (65.000 habitants) et Vaulx-en-Velin (53.000 habitants), en banlieue lyonnaise, sont également remises en cause. La rapporteure publique a préconisé le 14 septembre devant le tribunal administratif de Lyon l'annulation des élections dans ces deux villes, les troisième et quatrième plus grandes de France métropolitaine remportées par LFI en mars, après Saint-Denis et Roubaix.