Municipales: en meeting à Nîmes, Bardella charge de nouveau Mélenchon
information fournie par AFP 03/03/2026 à 23:13

Le président du RN Jordan Bardella en meeting à Nîmes le 3 mars 2026 ( AFP / Sylvain THOMAS )

Eclipsée ces derniers jours par la guerre au Moyen-Orient, la campagne des municipales a repris ses droits mardi, avec une nouvelle charge de Jordan Bardella contre les "outrances" et la "violence verbale" de Jean-Luc Mélenchon, depuis Nîmes où le Rassemblement national espère tirer son épingle du jeu dans une bataille indécise.

De retour dans l'arène après le chassé-croisé de Perpignan le week-end dernier, le champion du RN a de nouveau lâché ses coups contre le patriarche insoumis, tenu pour responsable de la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon mi-février.

"Nous pensions naïvement que Jean-Luc Mélenchon serait gagné par la décence. Mais rien (...) n'arrête ce flux ininterrompu d'outrances, d'appels à la haine et de violence verbale, devenue désormais sa manière officielle de faire de la politique", a déclaré M. Bardella devant les quelque 2.000 sympathisants venus l'écouter au Parc des expositions de Nîmes.

"Le leader de l'extrême gauche a fait ses choix: sa milice plutôt que la police, la violence politique plutôt que la démocratie, le communautarisme plutôt que la nation qui unit, les couleurs du Hamas plutôt que l'étendard tricolore", a ajouté le président du parti à la flamme.

Le président du RN Jordan Bardella en meeting à Nîmes le 3 mars 2026 ( AFP / Sylvain THOMAS )

Plus que jamais lancé dans un duel aux airs de pré-campagne présidentielle, M. Bardella a récité devant une salle acquise à sa cause les fondamentaux de son programme à droite toute: suppression du droit du sol, "priorité nationale", expulsion des "criminels étrangers" mais aussi des squatteurs au nom du droit à la "propriété privée".

Peu à voir avec les enjeux locaux de la préfecture du Gard, comparée sans nuance au Mexique récemment "mis à feu et à sang par un cartel", car ici aussi "des quartiers entiers vivent sous la loi des bandes et des dealers".

Un discours martial censé remobiliser les troupes à douze jours d'un premier tour hautement incertain pour son candidat Julien Sanchez, donné par les derniers sondages au coude à coude avec son rival de droit Franck Proust (LR/Horizons), mais derrière le favori de gauche Vincent Bouget (PCF/PS/Ecologistes) qui fait la course en tête.

- La gauche sous pression -

"Le prochain maire de Nîmes sera soit Vincent Bouget, soit moi", a néanmoins affirmé M. Sanchez, rappelant à ses électeurs qu'il "faut qu'on soit le plus haut possible si on veut avoir une chance de battre les communistes".

Le président du RN Jordan Bardella en meeting à Nîmes le 3 mars 2026 ( AFP / Ed JONES )

L'appui de M. Bardella n'est donc pas de trop pour aller chercher une deuxième place synonyme de leadership à droite, dans une des dernières places fortes des Républicains. Avec sans doute l'intention de proposer ensuite une "liste d'union" face au "danger de l'extrême gauche", comme l'a déjà formulé le patron du RN

Car en face, la gauche aura besoin des voix de La France insoumise pour assurer sa victoire. Or le candidat mélenchoniste Pascal Dupretz peut encore espérer se maintenir au second tour.

Mais la pression ne cesse de monter à gauche, où les autres partis se retrouvent sommés de clarifier leur position vis-à-vis des Insoumis. D'autant plus après les derniers dérapages de M. Mélenchon - sur la prononciation des noms Epstein et Glucksmann - qui ont relancé les accusations d'antisémitisme à son encontre, le poussant à de rares excuses.

Insuffisant pour le patron des Républicains Bruno Retailleau, qui considère que le tribun de la gauche radicale "est le premier danger de la démocratie française", comme pour le leader de Renaissance, Gabriel Attal, qui a dit espérer "que les autres partis de la gauche couperont définitivement et nettement avec La France insoumise".

Dans les faits les liens subsistent, avec quelques dizaines de listes d'union de la gauche - LFI incluse - dès le premier tour. Mais le Parti socialiste a tenu à souligner mardi soir qu'il "n'y a pas eu d'accord" national avec les Insoumis et qu'il "ne saurait y en avoir au second tour compte tenu de l'inquiétante dérive de la direction de ce mouvement".

Le parti à la rose a même appelé "localement, les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement (des) propos" de leur leader. Au risque de se priver d'un soutien essentiel dans des villes où leur apport sera décisif, comme Nantes ou Toulouse.