Municipales: des alliances se nouent à gauche après la percée de LFI, pas d'accord à Paris et Marseille
information fournie par AFP 16/03/2026 à 17:15

Dépouillement des bulletins de vote du 1er tour des municipales à Quimper, le 15 mars 2026 ( AFP / Fred TANNEAU )

Un accord PS-LFI décrié à Toulouse ou Avignon, l'intransigeance de Benoît Payan à Marseille et l'incertitude à droite à Paris: le bal des alliances a démarré lundi en vue du second tour des élections municipales.

Sur fond d'abstention historique hors Covid (57,17% de participation), les résultats du premier tour ont placé dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, devant de nombreux dilemmes.

Carte montrant le taux d'abstention au premier tour des élections municipales 2026, selon les données complètes du ministère de l'Intérieur au 16 mars 2026 à 13h30 ( AFP / Valentin RAKOVSKY )

Les listes étant attendues officiellement mardi à 18h00, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires - comme à Mulhouse ou à Poitiers - sont théoriquement possibles.

Et déjà, malgré l'absence d'"accord national" du Parti socialiste avec La France insoumise, les annonces d'alliances conclues ou en cours s'accumulent.

"Des fusions sont en cours ou faites dans la moitié des villes de plus de 100.000 habitants" avec LFI, a assuré à l'AFP l'Insoumis Paul Vannier.

Ce ne sera pas le cas dans les deux premières villes de France. Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, à la tête d'une union de la gauche hors LFI, a déjà déposé sa liste pour le second tour en préfecture, refusant toute "tambouille".

Il a ainsi fermé définitivement la porte à la moindre alliance avec le candidat mélenchoniste Sébastien Delogu, qui a dénoncé une "position irresponsable" alors que Franck Allisio (Rassemblement national) a emporté 35% des suffrages. Une quadrangulaire se dessine, car Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre, a annoncé son maintien.

A Paris, après une campagne extrêmement tendue entre socialistes et Insoumis, c'est sans surprise que le candidat de l'alliance de gauche hors-LFI, Emmanuel Grégoire, a de nouveau écarté toute alliance avec le parti mélenchoniste lundi.

Il risque donc de voir Sophia Chikirou (LFI) maintenir sa liste au second tour, et espérera conserver tout de même son avance sur Rachida Dati, arrivée douze points derrière lui au premier tour.

Une possible alliance avec LFI, même locale, est rejetée par une partie des socialistes comme l'ancien président François Hollande, mais aussi par le probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique), au risque d'abandonner des villes à la droite, comme à Limoges.

- Plusieurs négos PS/LFI -

Refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos", a regretté la cheffe des Écologistes Marine Tondelier.

Jean-Luc Moudenc, maire DVD sortant de Toulouse et candidat à sa réélection, arrive pour voter au 1er tour des municipales à Toulouse, le 15 mars 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

A Toulouse, de fait, les candidats LFI et PS-Ecologistes ont annoncé une "liste commune", en bonne position pour tenter de battre le maire divers droite sortant dans la 4e ville de France. A Avignon, LFI a aussi fusionné avec la liste menée par les socialistes et arrivée devant elle.

Mouvement similaire à Limoges, où les Insoumis sont arrivés en tête de la gauche.

A Lyon, les négociations ont abouti au ralliement de la candidate LFI au maire sortant écologiste Grégory Doucet afin de contrer l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas.

Dans ce cas de figure, ce dernier refusera tout débat avec son adversaire, a-t-il fait savoir, dénonçant une "trahison".

A Lille, les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et LFI en concurrence pour forger une alliance avec les Écologistes.

Même la maire sortante de Nantes et numéro deux du PS, Johanna Rolland, pourtant tenante d'une ligne anti-LFI, a entamé des négociations avec le parti mélenchoniste, pour barrer la route au candidat LR qui la talonne.

La droite et le centre sont également appelés à affiner leur position, notamment à Paris, où le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel a commencé à "travailler" à un "projet d'alternance" avec Rachida Dati mais à la condition que cette dernière ne noue aucune alliance avec Sarah Knafo (Reconquête), en mesure également de se maintenir.

- Front républicain -

Une réunion en visioconférence s'est tenue à la mi-journée entre des responsables de l'ancien "socle commun" Edouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains) et Gérard Larcher, le président du Sénat, LR lui aussi. Avec au menu, selon une source LR, la situation à Paris mais aussi à Nîmes, où la droite paye ses divisions au profit du RN.

Le bloc central est aussi très mal embarqué à Nice, où Eric Ciotti, dont l'UDR est alliée au RN, distance très largement Christian Estrosi (Horizons), lequel a appelé sans succès la liste de gauche hors LFI arrivée 3e à se désister en sa faveur au nom du front républicain.

De son côté, le Rassemblement national revendique 24 communes au premier tour des municipales et être en tête dans 60 autres. Son vice-président Sébastien Chenu a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

La députée RN et candidate à la mairie de Toulon, Laure Lavalette, fait une déclaration à la presse après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Toulon ( AFP / Miguel MEDINA )

Le parti lepéniste, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan. A Toulon, sa députée Laure Lavalette est largement en tête malgré un manque de réserves pour le second tour.

Seul Édouard Philippe a redonné quelques couleurs au bloc central, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre. Un résultat qui préserve sa candidature à la présidentielle.