Municipales: débat télévisé très attendu à Lyon après la mort de Quentin Deranque
information fournie par AFP 24/02/2026 à 10:25

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, le 29 janvier 2026, à Lyon ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet se retrouve mardi pour la première fois et à trois semaines du premier tour des municipales face à son principal rival Jean-Michel Aulas, pour un débat télévisé qui relance une campagne occultée par la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque.

L'ancien patron de l'Olympique Lyonnais, soutenu par la droite et le centre-droit, fait figure de grand favori dans la course à la mairie de la troisième ville de France, avec 43% des intentions de vote au premier tour et une large victoire au second, selon un sondage Elabe publié lundi.

Mais à 76 ans, l'homme d'affaires, novice en politique, ne s'est encore jamais livré à l'exercice du contradictoire et est celui qui a le plus à perdre à ce débat, prévu à partir de 21H00 sur le plateau de BFMTV.

Le candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas, à Lyon le 4 novembre 2025 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

"Il a préparé sérieusement l'exercice car toutes les occasions de parler directement aux Lyonnais sont précieuses", souligne son entourage.

"On a souvent beaucoup d'approximations, peu de maîtrise des sujets" de sa part, tacle pourtant Grégory Doucet, 52 ans, qui réclamait un tel débat depuis plusieurs semaines et dit à l'AFP être "très content qu'il ait enfin lieu".

Alors que le scrutin se tient les 15 et 22 mars, les suites politiques de l'agression mortelle du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, pour laquelle sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, n'en finissent pas de percuter la campagne, en particulier à gauche.

La proximité de plusieurs mis en examen avec le député LFI Raphaël Arnault a conduit l'ensemble de la classe politique à vouloir isoler le mouvement mélenchoniste.

Jean-Luc Mélenchon est "d'une complaisance totale", s'est ainsi écriée mardi la présidente macroniste de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet.

Au-delà, le PS a posé ses conditions pour d'éventuelles alliances au second tour et ses partenaires écologistes et communistes, qui sont alliés dans certaines villes avec LFI, sont restés prudents.

Grégory Doucet, élu à la faveur de la vague verte de 2020 et qui accuse un retard de 14 points dans la dernière enquête d'opinion, pourrait être mis en difficulté sur cette question mardi soir.

Jean-Michel Aulas a déjà fustigé "ceux qui n'excluent aucune alliance électorale pour remporter quelques sièges".

L'écologiste aura besoin de toutes les voix de la gauche. "Viendra le temps où nous pourrons tirer les conclusions sur la base de ce que la justice nous dira", a-t-il dit lors d'un meeting la semaine dernière, tout en refusant "l'amalgame systématique".

- Réunion à l'Élysée -

La candidate LFI à la mairie de Lyon Anaïs Belouassa-Cherifi, le 6 novembre 2025, à Lyon ( AFP / Alex MARTIN )

Même si elle dénonce aussi les amalgames, la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi sera sans doute interrogée sur les liens de LFI avec la Jeune Garde antifasciste, un groupe fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences contre Quentin Deranque.

"Personne ne devrait mourir pour ses idées", a-t-elle redit à l'AFP en amont du débat. "Mais je resterai une militante antifasciste", a ajouté la députée qui, selon les sondages, flirte avec la barre de 10% des suffrages nécessaires pour se maintenir au second tour.

Bien qu'elle ait reçu des menaces ces derniers jours, elle a précisé à l'AFP qu'elle maintenait un meeting jeudi avec le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.

Dernier invité sur le plateau: le candidat UDR, soutenu par le RN, Alexandre Dupalais, pour l'instant crédité de moins de 10% des intentions de vote.

D'autres prétendants, comme le centriste et ancien maire Georges Képénékian et plusieurs candidats de gauche ou d'extrême gauche, ne seront pas présents.

A l'Élysée aussi, la question des groupes violents sera au menu d'une réunion initiée par Emmanuel Macron. Le président a convoqué le gouvernement à 10H00 pour "faire un point complet sur les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques".

Sur le plateau, les candidats lyonnais échangeront aussi sur leurs programmes. Sécurité, transports, logement: ils ont déjà égrené des propositions dont certaines, comme un projet de tunnel de 8 km sous la colline de Fourvière porté par Jean-Michel Aulas, ont suscité de nombreuses interrogations sur leur financement.