Municipales: alliances en série à gauche avec LFI, sauf à Paris et Marseille information fournie par AFP 16/03/2026 à 21:11
La gauche a décidé lundi de faire front commun aux élections municipales dans plusieurs grandes villes, le PS concluant de nombreux accords avec La France insoumise en vue du second tour dimanche. A l'exception toutefois de Paris et Marseille, où ses candidats s'y sont refusés.
Le dépôt des listes des candidats pour le second tour étant attendue officiellement mardi à 18H00 au plus tard, les tractations ont souvent abouti dès lundi.
Et malgré l'absence d'"accord national" du Parti socialiste avec la France insoumise, les annonces d'alliances se sont accumulées, suscitant de sévères critiques.
Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand... Dans toutes ces communes, la progression des Insoumis a conduit les représentants socialistes à accepter divers accords avec le parti mélenchoniste, actant parfois des "fusions techniques", c'est-à-dire une liste commune mais sans soutien programmatique ni engagement à siéger par la suite dans la majorité municipale.
"Je comprends parfaitement les choix" de ces candidats, a affirmé sur France 2 Olivier Faure, le premier secrétaire du PS refusant de mettre sur le même plan les figures insoumises locales et leur leader Jean-Luc Mélenchon.
L'accord n'aura pas lieu, en revanche, dans les deux premières villes de France. Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, à la tête d'une union de la gauche hors LFI, a déjà déposé sa liste pour le second tour en préfecture, refusant toute "tambouille".
Il a ainsi fermé définitivement la porte à la moindre alliance avec le candidat mélenchoniste Sébastien Delogu. Une "décision d'une irresponsabilité absolue", a réagi le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui a appelé M. Payan à "revenir à la raison" pour battre le candidat Rassemblement national, Franck Allisio (35% au premier tour).
Une quadrangulaire se dessine dans la cité phocéenne, car Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre, se maintient.
A Paris, après une campagne extrêmement tendue entre socialistes et Insoumis, c'est sans surprise que le candidat de l'alliance de gauche hors-LFI, Emmanuel Grégoire, a écarté toute alliance avec le parti mélenchoniste lundi.
Faute d'accord, Sophia Chikirou (LFI) a donc annoncé son maintien, comme elle l'avait promis.
En face, Rachida Dati, arrivée avec douze points de retard au premier tour, a rallié le candidat Horizons, Pierre-Yves Bournazel, à sa cause, même si ce dernier ne sera pas personnellement sur sa liste.
- Accord PS-Ecolos à Lille -
L'alliance avec LFI, même locale, est rejetée par une partie des socialistes comme François Hollande, mais aussi par Raphaël Glucksmann (Place publique).
A Toulouse, de fait, la liste PS-Ecologistes a accepté de se rassembler derrière l'Insoumis François Piquemal dans une liste "commune", en bonne position pour tenter de battre le maire divers droite sortant. Mouvement similaire à Limoges, où LFI est arrivée en tête de la gauche.
A Avignon, c'est derrière le PS que LFI s'est rangée, comme à Clermont, Brest et surtout Nantes, où la N.2 du PS, Johanna Rolland, s'est résolue à un accord de fusion pour contenir la remontée du candidat de la droite et du centre.
Autant d'accords conclus pour "sauver leurs mandats", a fustigé sur la plateforme X Marine Le Pen, ciblant "la gauche la plus hypocrite de la terre".
"La France a plus que jamais besoin que les démocrates se tiennent debout, pas à genoux", a regretté sur X le patron de Renaissance, Gabriel Attal, reprochant au PS d'avoir de fait conclu "un accord national". Les socialistes "se vautre(nt) dans la honte et le déshonneur", a aussi critiqué le patron des Républicains, Bruno Retailleau.
Dans le sillage de leur patronne, Marine Tondelier, très ouverte aux accords avec LFI pour battre la droite ou l'extrême droite, les Ecologistes ont aussi conclu un accord avec les Insoumis à Lyon derrière le sortant Grégory Doucet, afin de contrer l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, lequel a dénoncé un accord "honteux".
Idem à Strasbourg, mais cette fois-ci sans le PS de la revenante Catherine Trautmann. A Lille, où ils jouaient un rôle d'arbitre, les Ecologistes ont en revanche choisi de s'allier au PS et non à LFI, les deux partis étant arrivés au coude à coude au premier tour.
La droite et le centre sont également appelés à affiner leur position, notamment vis-à-vis de l'extrême droite. A Paris, leur attitude face à Sarah Knafo (Reconquête), en mesure de se maintenir, sera scrutée, comme à Nîmes, où le RN est arrivé en tête.
- Triangulaire à Nice -
Le bloc central est aussi très mal embarqué à Nice: Eric Ciotti, dont l'UDR est alliée au RN, est désormais en position extrêmement favorable devant Christian Estrosi (Horizons), qui n'est pas parvenu à obtenir le retrait la liste de gauche arrivée 3e.
De son côté, le Rassemblement national, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, revendique 24 communes au premier tour des municipales et être en tête dans 60 autres.
Il cible notamment Toulon, où sa députée Laure Lavalette est largement en tête malgré un manque de réserves pour le second tour.