Municipales à Paris: Dati s'engage à appliquer son programme dans "les 100 premiers jours"
information fournie par AFP 10/02/2026 à 16:19

Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, présente son programme, le 10 février 2026 à Paris ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Rachida Dati, candidate LR et MoDem à la mairie de Paris, s'est engagée mardi à appliquer son programme dans "les 100 premiers jours" en cas de victoire, en appelant son concurrent de centre-droit, Pierre-Yves Bournazel, au "rassemblement" pour éviter une défaite face à la gauche faute d'un ralliement.

"Cette alternance nous l'aurons, cette victoire nous l'aurons dans le cadre du rassemblement", a déclaré l'actuelle ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement en présentant son programme à la presse, avant son départ qu'elle dit "imminent" du gouvernement.

"Ceux qui ne veulent pas la victoire en prendront la responsabilité, il ne faut pas être les artisans de la défaite", a-t-elle lancé à l'encontre de Pierre-Yves Bournazel, qui tient ce mardi soir son premier meeting aux côtés des deux anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal.

Fustigeant "l'échec" de la majorité sortante dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, face à laquelle elle a perdu en 2020, Rachida Dati a estimé que la liste d'union de la gauche hors LFI menée par Emmanuel Grégoire représentait "la même équipe en pire" selon elle, puisqu'elle comprend des ex-Insoumis de L'Après.

"Moi, je ne vais pas promettre des forêts urbaines sur papier glacé. Mon programme est applicable tout de suite, je tiendrai mes engagements et les Parisiens le verront dans les 100 premiers jours" si elle remportait l'élection le 22 mars, a assuré la candidate, qui a égrainé ses priorités lors d'un échange avec différents collectifs.

Sa première action ira pour le périscolaire, secoué par une série d'enquêtes et de signalements sur des violences sexuelles. "Je ne vais pas inventer un gadget de défenseur des enfants (nommé en décembre par Anne Hidalgo, NDLR). Dès le lendemain de l'élection, nous réunirons un Conseil de Paris extraordinaire", afin de mettre en oeuvre le plan de refonte du secteur qui prévoit que "plus aucun enfant ne se retrouve seul avec un adulte", et le retour à la semaine de quatre jours.

"Aujourd'hui, les familles sont horrifiées que rien n'ait changé ni sur l'organisation, ni sur le recrutement", a dénoncé la candidate, qui a claqué lundi la porte du dernier Conseil de Paris d'Anne Hidalgo pour dénoncer le "silence" de la majorité face aux violences sexuelles.

Emmanuel Grégoire, qui a pris "sa part de responsabilité" dans ces affaires en tant qu'ancien premier adjoint, prévoit également une réorganisation du secteur avec le recrutement de 2.800 agents.

- "Paris propre 24H/24" -

La maire du VIIe arrondissement promet que la capitale sera "propre 7 jours sur 7 et 24H/24" en privatisant la collecte des déchets, ce qui permettra de "redéployer" des agents municipaux vers le nettoyage des rues et des espaces verts. Elle souhaite aussi moderniser l'équipement "vieillissant" des agents de propreté, et lutter contre "la prolifération des rats".

S'attaquant au "déni sécuritaire de la gauche", elle a rappelé son projet de d'armer 5.000 policiers municipaux - le double des effectifs actuels - pour un budget estimé entre 600 et 700 millions d'euros.

"Ceux qui disent qu'ils vont licencier la moitié des agents de l'Hôtel de ville, ça n'est ni audible ni crédible. Je ne vois pas comment on pourrait avoir un périscolaire ni une police municipale de qualité", a-t-elle cinglé, en allusion au projet de la candidate Reconquête! Sarah Knafo de diviser par deux la moitié des effectifs de la ville (55.000 agents).

Pour "redresser" les finances de la capitale, dont la dette culminait à 9,4 milliards d'euros fin 2025, Mme Dati s'engage à mettre fin aux "politiques onéreuses" pour le logement social, avec un coup d'arrêt sur les préemptions. Des économies qu'elle espère consacrer en partie à la rénovation thermique du parc social, qui pourra ensuite être "mis en accessibilité à la propriété".

Concernant les mobilités, elle a promis d'adopter un plan de circulation pour mettre fin au "chaos" dans l'espace public, "sans opposer les méchants qui prennent leur voiture aux gentils cyclistes" comme le fait à ses yeux la gauche.

Interpellée par l'acteur Dominique Farrugia, atteint de sclérose en plaque, sur ses difficultés à circuler dans la capitale, elle a garanti que les fauteuils roulants électriques auraient accès aux pistes cyclables.