Municipales à Paris: Bournazel, "troisième homme" de la campagne, veut monter le son information fournie par AFP 09/02/2026 à 09:08
"Troisième homme" des municipales à Paris dans les sondages, le candidat de centre-droit Pierre-Yves Bournazel entend monter le son mardi lors de son premier meeting aux côtés de deux anciens Premiers ministres, malgré les doutes croissants sur sa candidature.
Le Corrézien d'origine n'était pas destiné à porter les couleurs du camp présidentiel dans la course à la mairie de Paris. Mais c'est pourtant lui qui, fin octobre, a soufflé le soutien de Renaissance à la ministre de la Culture Rachida Dati, déjà investie par LR.
Depuis, les deux camps semblent irréconciliables. A moins de six semaines du premier tour, le conseiller du 18e arrondissement résiste dans les sondages, donné entre 14% et 16%.
Malgré l'appel au "vote utile" côté Dati, créditée d'une dizaine de points de plus, il fait figure de caillou dans la chaussure sur la route de l'alternance à la gauche.
Agacée, Dati ne retient plus ses coups dans les médias, voyant dans son concurrent "l'incarnation physique de la droite la plus bête du monde, qui a permis à la gauche d'accéder à Paris".
Quant au patron d'Horizons Edouard Philippe, il a, selon elle, choisi ce candidat "pour (la) faire battre".
Interrogé par l'AFP, Pierre-Yves Bournazel adopte des accents mitterrandiens après avoir décrit sa rivale comme sa "meilleure ennemie" dans un livre paru en janvier.
"Je sais bien que je suis victime d'invectives, d'attaques personnelles et de désinformation, mais (....) je suis une force tranquille et déterminée", insiste-t-il, convaincu d'être le mieux placé au second tour pour rassembler.
Selon lui, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati sont de fait "otages de leurs extrêmes": la candidate LFI Sophia Chikirou pour le premier, la zemmouriste Sarah Knafo pour la seconde.
Pour son premier meeting mardi au Cirque d'Hiver, "PYB" pourra compter sur deux soutiens de poids: les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal.
De quoi faire oublier le récent départ de son directeur de campagne ou la démission fracassante du co-président de son groupe à Paris, dénonçant une "gauchisation" de sa campagne.
- "L'anti-Knafo" -
Une campagne qui peine surtout à décoller, s'inquiète son camp. Dans un sondage Ifop début janvier, l'ex-LR apparaissait comme le moins connu des candidats en lice.
Lui préfère dire qu'il est celui qui a "le plus de marge de progression", soulignant que BFMTV lui doit "au moins quatre heures d'antenne" et que "45% des Parisiens choisissent leur candidat la dernière semaine".
Mais pour le politologue Benjamin Morel, "sa campagne ne prend pas".
"C'est un peu l'anti-Knafo. Knafo fait une campagne très dynamique, on peut se moquer de ses montages sur les quais de Seine avec l'IA mais, au moins, tout le monde sait qu'elle est candidate. Pour Bournazel, quelle est la proposition qui le distingue du reste de l'offre politique?", interroge-t-il.
"C'est un garçon que j’aime bien (...) mais il n’y a pas de prise. Vous ne le voyez pas maire de Paris", confie un cadre du MoDem, soutien de Dati.
Au sein du camp présidentiel, beaucoup s'étranglent de voir Dati et Bournazel s'écharper en public.
"Ça peut très mal finir (...) Quand on cogne plus fort sur ses alliés potentiels que sur ses adversaires, c’est qu’il y a un problème", souffle une responsable de Renaissance.
Beaucoup tablent malgré tout sur un accord au second tour. "J'ai bon espoir que tout ça se rabibochera. Il ne faut pas que la gauche gagne", souligne un cadre d'Horizons, rappelant qu'il y a "forcément des passerelles" avec des élus Renaissance qui ont rallié Dati.
Condamnés à s'entendre ? Car derrière les municipales se profile déjà la présidentielle de 2027, à laquelle se préparent Attal et Philippe.
"S’ils font un choix qui emmène mécaniquement à la défaite de Rachida (...) il faudra en assumer les conséquences et (...) faire une présidentielle avec le sparadrap de +Vous avez laissé Paris à la gauche+", souligne la responsable de Renaissance.
Côté Horizons, on juge aussi qu'il ne "faudrait pas que le soutien à Bournazel mette en péril notre but ultime qui est 2027 et l'élection d'Edouard".