Municipales à Paris: Bournazel se donne 100 jours pour "apaiser" la capitale
information fournie par AFP 19/02/2026 à 17:33

Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et Renaissance à la mairie de Paris, lors d'un meeting de campagne à Paris, le 10 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et Renaissance à la mairie de Paris, a dévoilé jeudi sa feuille de route pour "apaiser" la capitale dès les 100 premiers jours de son mandat, espérant convaincre qu'il est plus "rassembleur" que ses deux principaux rivaux.

"Tout va se jouer dans la dernière ligne droite" de l'élection des 15 et 22 mars, anticipe le candidat de centre-droit, donné par les sondages en troisième position au premier tour derrière Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, et Rachida Dati, candidate des LR et du MoDem.

Le "troisième homme" de la campagne, 48 ans, assure être "le candidat le plus clair sur les valeurs de Paris" et le plus "rassembleur" face à ceux qu'il considère être "sous la pression de l'extrémisme", le premier s'étant allié avec des ex-Insoumis, la seconde restant "floue" au sujet de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo (Reconquête!).

S'il succède à Anne Hidalgo à l'Hôtel de ville, Pierre-Yves Bournazel, élu d'opposition depuis 18 ans au Conseil de Paris et ex-député, promet de mettre en oeuvre dès "les 100 premiers jours" son programme destiné à "apaiser" la capitale après 25 ans de gouvernance socialiste.

A commencer par un plan d'économies de 4,2 milliards d'euros via une "débureaucratisation" de l'administration parisienne (55.000 agents), la fin des "privilèges" à l'Hôtel de ville et des préemptions "coûteuses".

Le conseiller de Paris du XVIIIe arrondissement entend céder l'équivalent de 4,5 milliards d'euros d'actifs pour les investir. Et réduire par deux la dette de la ville, à 5,2 milliards d'euros.

Le triplement des effectifs de la police municipale (6.000 agents) qu'il souhaite armer - comme ses concurrents Rachida Dati, Sarah Knafo et Thierry Mariani (RN) - se verra "dès avril", après signature avec Ile-de-France Mobilités d'une convention pour "déployer au moins un policier dans chaque métro en soirée".

- 70.000 places de stationnement supprimées -

Il espère pouvoir "fermer les commerces lessiveuses qui financent le trafic et les réseaux criminels". Ces derniers seront remplacés par des "commerces de qualité et diversifiés, parce que les habitants des quartiers populaires ont droit à autre chose que des barbershop et des kebabs".

Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et Renaissance à la mairie de Paris, lors d'un meeting de campagne à Paris, le 10 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Pour la privatisation "complète" de la propreté - également souhaitée par ses adversaires de droite - il fixera un délai d'un mois pour la réception des offres, avec l'objectif d'une entrée en vigueur progressive à partir de juin dans l'ensemble des arrondissements.

En tant que "candidat anti-pagaille", il vise, comme l'actuelle ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement, un "apaisement" de l'espace public, revendiqué par la majorité sortante. Il assume avoir approuvé certaines mesures-phares de la mandature d'Anne Hidalgo comme la piétonnisation des voies sur berges, mais dénonce sa gestion des travaux ou l'insuffisante sécurisation des pistes cyclables.

L'élu prévoit le rachat des 80.000 places de parking commerciaux souterrains qui deviendront gratuits pour les Parisiens et ceux qui travaillent à Paris. En contrepartie, 70.000 places de stationnement seront supprimées en surface, et 10.000 places de livraisons supplémentaires seront créées. Cette mesure serait financée par la vente du Parc des Princes au Paris-Saint-Germain.

Trois grandes lignes de "bus express" seront en outre créées pour traverser rapidement la capitale sur les grands axes.

Durant les premiers mois de son mandat, M. Bournazel assumera lui-même "directement" les responsabilité de la petite enfance et du périscolaire, alors que le secteur est éclaboussé par des affaires de violences sexuelles.

"C'est une honte absolue" pour la majorité sortante et M. Grégoire, qui fut adjoint à l'Hôtel de ville durant 10 ans, a-t-il dénoncé. "Je contrôlerai systématiquement tous les antécédents des animateurs, on ne laissera plus un adulte avec un enfant seul". Sans retour à la semaine de quatre jours comme le prévoit Mme Dati.

Lors du scrutin, "je souhaite que les Parisiens puissent me donner la force de poursuivre et d'amplifier le rassemblement hors extrêmes pour réussir le changement", a ajouté ce proche d'Edouard Philippe, soutenu par le patron de Renaissance Gabriel Attal.

Déplorant le climat de "violence" de la campagne, il a appelé ses concurrents à débattre sur les projets, ce que la ministre de la Culture a pour l'heure refusé.