Moyen-Orient: le pétrole monte, faute d'avancées diplomatiques information fournie par AFP 24/09/2026 à 21:18
Les cours du pétrole ont clôturé en hausse jeudi, les investisseurs se montrant sceptiques quant à la perspective d'un accord prochain entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a progressé de 3,41% à 106,60 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a gagné 2,66% à 94,61 dollars.
"Le sommet de l'ONU de cette semaine n'a donné lieu à aucune avancée notable entre les Etats-Unis et l'Iran", résument les analystes de Briefing.com.
"Dans les faits, les deux parties restent très éloignées l'une de l'autre sur des questions fondamentales", commente auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates.
Les déclarations belliqueuses des deux camps ne contribuent pas non plus à apaiser les craintes du marché.
Un conseiller du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a mis en garde jeudi contre une extension de la guerre "jusqu'à l'océan Indien" en cas de nouvelle attaque des Etats-Unis contre l'Iran.
Mercredi à la tribune de l'ONU, le président iranien, Massoud Pezeshkian avait déjà affirmé en réponse à la menace de Donald Trump d'"annihiler" l'Iran, que "la résistance du peuple iranien ne (ferait) que s'intensifier face aux sanctions, à la pression croissante et à l'intimidation grandissante".
"Cela souligne à quel point le fossé entre les Etats-Unis et l'Iran reste profond", explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Les cours ont toutefois effacé une partie de leurs gains en séance après des informations de l'agence Reuters faisant état de discussions entre négociateurs américains et iraniens, signe de la sensibilité du marché à toute perspective d'apaisement.
"Le marché a déjà connu ce scénario", tempère toutefois Marc Chandler, analyste de Bannockburn Capital Markets, en référence aux nombreux rebondissements diplomatiques observés depuis le début du conflit.
"A notre avis, un accord avant les élections de mi-mandat aux États-Unis semble peu probable", estime Lohmann Rasmussen.
Faire monter les prix du pétrole avant cette échéance est devenu un moyen de pression important pour Téhéran, le sujet des prix des carburants étant particulièrement important pour les électeurs américains.
Le prix du gazole à la pompe a récemment battu des records aux Etats-Unis, à tel point que le président américain s'est dit "ouvert" à une interdiction de son exportation.
"Le marché estime que c'est une très mauvaise idée", souligne toutefois M. Lipow.
L'effet sur les prix pourrait être temporaire: une fois les capacités de stockage saturées, les raffineries américaines devraient réduire leur production, ce qui ferait monter ceux de l'essence et du kérosène, d'après les analystes.