Mouvement lycéen : nouvelle réunion prévue entre organisations et ministre
information fournie par AFP 15/10/2026 à 09:27

Combinaison de photographies créée le 14 octobre 2026 de pancartes brandies lors des manifestations lycéennes du 6 au 13 octobre 2026 dans plusieurs villes de France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Après plusieurs semaines de mobilisation, des établissements sont encore bloqués jeudi avant la troisième rencontre, dans l'après-midi, entre les organisations lycéennes et le ministre de l'Education nationale pour aborder une nouvelle fois les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.

Jeudi matin, "une vingtaine d'étudiants" d'HEC, selon la préfecture et un étudiant présent, étaient stationnés devant leur école avec des pancartes en soutien au mouvement aux lycéens. L'action "va se poursuivre dans la matinée" mais "on n'a pas prévu de rester toute la journée", a indiqué à l'AFP Baptiste Hernandez, étudiant à HEC.

"Nous sommes conscientes et conscients qu'en tant qu'élèves à HEC, nous faisons partie des étudiantes et étudiants les plus privilégiés de ce pays", ont-ils écrit dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Cette prise de parole a pour seul but d'amplifier la parole des étudiantes et étudiants. Écoutez les collectifs, tout a déjà été dit", ont-ils enjoint. "Combien de mains arrachées, de lycéennes et lycéens révoltés, de professeures et professeurs consternés et de manifestations ignorées avant que le pouvoir en place agisse pour notre futur à tous ?"

Dans le Rhône, 13 lycées à Lyon et son agglomération et trois universités sont également bloqués, selon la préfecture. La police a procédé à six interpellations.

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray à Paris le 14 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Dans la matinée, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, doit se rendre dans l'agglomération bordelaise.

La réunion avec les organisations lycéennes est prévue à 17H30 au ministère de l’Éducation à Paris.

"On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps", rappelle à l'AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens!, déplorant n'avoir eu que des "miettes" jusqu'à présent.

"Ras-le-bol"

A l'issue de la précédente réunion, jeudi 8 octobre, son association et l'Union syndicale lycéenne (USL) s'étaient dites insatisfaites et avaient appelé à la poursuite des actions.

Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance -avait, lui, salué "quelques avancées", notamment sur la représentativité des lycéens dans des instances consultatives.

Le gouvernement s'est dit prêt à travailler sur l'accompagnement lors de l'orientation au lycée et à des modifications de la plateforme Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel.

L'entrée du lycée Hélène Boucher bloquée à Paris le 14 octobre 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s'est propagé à l'ensemble du territoire, soutenus par des organisations étudiantes et syndicales.

Annoncé jeudi dernier, le plan ministériel de redéploiement de 3.000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l'embauche de contractuels, n'a pas convaincu les lycéens mobilisés, qui déplorent des heures d'enseignement perdues à cause d'absences non remplacées.

Mercredi en fin de matinée, encore 160 établissements étaient bloqués, selon les chiffres ministériels.

Depuis le début du mouvement, sur les 3.700 lycées français, un tiers n'a "jamais été perturbé", un tiers "a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée", et un tiers des lycées a connu "une perturbation plus importante", selon Édouard Geffray, qui s'est plusieurs fois indigné d'"une violence totalement débridée dirigée contre le service public de l'éducation".

"Laminés", les proviseurs sont appelés par leur principal syndicat à une "opération rideaux" jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur "ras-le-bol".

Trente-sept établissements ont été "partiellement incendiés" selon M. Geffray, environ 150 personnels ont été blessés et la police des polices a ouvert 36 enquêtes.

"Des événements comme ceux qu'on connaît actuellement, vont générer des milliers de décrocheurs, singulièrement en voie professionnelle", s'est inquiété le ministre, alors que le gouvernement espère que les vacances mettront un terme au mouvement.

Après une nouvelle journée de mobilisation mardi, qui a réuni entre 161.000 et 480.000 personnes, des organisations de jeunesse appellent, elles, à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes.