Mouvement des lycéens : Lecornu condamne la violence et réfute toute "répression policière"
information fournie par AFP 06/10/2026 à 16:47

Le Premier ministre Sébastien Lecornu devant l'Assemblée nationale à Paris le 6 octobre 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Sébastien Lecornu a condamné mardi devant l'Assemblée nationale les violences en marge des manifestations des lycéens, réfuté toute "répression policière" et annoncé une suspension des cours dans les lycées pour organiser un "temps de démocratie interne" sur une demi-journée.

Le chef du gouvernement a aussi accusé La France insoumise (LFI) d'avoir le "projet politique" de "bordéliser le pays" avant l'élection présidentielle et de "semer le chaos" depuis le début du mouvement des lycéens, qui manifestaient à nouveau mardi.

L'"ultraviolence (...) doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence", a déclaré le Premier ministre à la reprise de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, en appelant la classe politique à "faire corps" avec les fonctionnaires touchés par ces violences.

"Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe", "brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées", et "lyncher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs", a-t-il développé, en réponse à une question du chef des députés Horizons Laurent Marcangeli.

"Il n'y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière" les fonctionnaires, a-t-il ajouté, en jugeant "pas acceptable" qu'il y ait "une banalisation de cette violence contre les personnels de l'Education nationale".

Le chef du gouvernement a estimé en outre que parler d'"instructions politiques de répression policière" contre ces manifestations était un "mensonge", en évoquant des "accidents" et en reprochant à La France insoumise de "souffle(r) sur les braises".

"Est-ce que, dans une manœuvre aussi sensible d'ordre public, des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui. Et je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières. Violences policières suggérerait qu'il y ait des instructions politiques de répression policière. C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'opprobre sur la police de la République", a-t-il dit.

Parcoursup perfectible

Vivement attaqué par la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, il a accusé les députés insoumis d'être "ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle".

"Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralemen", a complété le Premier ministre.

Après avoir lancé cinq chantiers pour tenter de répondre aux demandes des lycéens, Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des cours dans les lycées, sur une demi-journée entre mercredi et vendredi, afin de permettre aux chefs d'établissement d'organiser un "temps de démocratie interne" avec les élèves.

Il a également promis que "tout ce qu'on peut corriger" dans le dispositif d'orientation Parcoursup, critiqué par les lycéens, "nous le corrigerons", en pointant que "ceux qui veulent la suppression de Parcoursup ne disent jamais par quoi ils le remplacent".

"Est-ce qu'il y a besoin de davantage de transparence (pour Parcoursup) ? Le ministre et moi, nous sommes convaincus, la réponse est oui. Est-ce qu'il faut beaucoup plus de simplicité ? La réponse est oui", a-t-il ajouté.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a défendu mardi matin un dispositif qui "fonctionne" même s'il "mérite certaines améliorations".

Après des dizaines de milliers de manifestants en région, les lycéens ont à leur tour pris la rue mardi après-midi à Paris, rejoints par des parents, des profs, des étudiants et des syndicalistes, pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation.