Mort de Quentin Deranque: neuf interpellations dont un assistant du député LFI Raphaël Arnault
information fournie par AFP 17/02/2026 à 22:22

Raphaël Arnault le 22 janvier 2026 à l'Assemblée nationale ( AFP / Thomas SAMSON )

Neuf suspect, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ont été interpellés mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, roué de coups jeudi à Lyon.

"Mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires", a écrit Raphaël Arnault sur X précisant avoir engagé dès lundi "les procédures pour mettre fin à son contrat".

"À l'enquête désormais de déterminer les responsabilités", a ajouté l'élu, qui a fondé en 2018 à Lyon le mouvement La Jeune Garde qui se revendique antifasciste mais est en cours de dissolution en raison d'accusations de violences.

Le nom de Jacques-Elie Favrot circulait depuis plusieurs jours et le jeune homme avait perdu lundi ses droits d'accès à l'Assemblée nationale bien qu'il ait démenti, par le biais de son avocat "être responsable du drame".

Quentin Derenque , 23 ans, a été frappé jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.

Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.

Après avoir auditionné les témoins, exploité des vidéos et de la téléphonie, les enquêteurs étaient parvenus mardi matin à identifier une partie des suspects et ont procédé à cinq interpellations dans l'après-midi et quatre dans la soirée, selon le procureur de Lyon Thierry Dran.

Le magistrat a refusé d'en dire plus sur leur profil, mais une source proche du dossier a précisé à l'AFP qu'il s'agit de sept hommes, dont Jacques-Elie Favrot, et deux femmes, tous âgés d'une vingtaine d'années. Ils ont été arrêtés dans la région lyonnaise, en Haute-Loire, dans la Drôme et dans l'Aisne.

Six sont soupçonnés d'avoir participé aux violences et trois de leur avoir apporté un soutien, a détaillé cette source, selon laquelle d'autres interpellations pourraient suivre dans les prochains jours.

- "Déshonorés" -

A l'annonce de ces arrestations, le Premier ministre a de nouveau interpellé la France Insoumise, avec laquelle il s'était accroché lors d'une séance de questions d'actualités particulièrement tendue à l'Assemblée nationale.

"Ce soir, un assistant parlementaire d'un député LFI a été interpellé. Sans présager de la suite de l'enquête et attenter à la présomption d’innocence, je redis que oui, le ménage doit être fait dans vos rangs. Et vite", a-t-il écrit sur X.

Avant lui, le président du RN Jordan Bardella a accusé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon d'avoir "ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés". Quant au chef des députés LR Laurent Wauquiez, il a estimé sur BFM que la "France insoumise a fait le choix de la violence".

"Nous n'acceptons pas les leçons que nous donne Monsieur le Premier ministre, qui visiblement a pété un câble", a rétorqué Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence devant des militants à Paris.

Les agresseurs de Quentin Deranque se sont "déshonorés" en frappant le jeune militant "d'une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d'infliger la mort", a-t-il toutefois ajouté. "Dans la violence, qu'elle soit défensive ou offensive (...), tous les coups ne sont pas permis."

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, à l'Assemblée nationale, le 4 février 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La cheffe des députés insoumis Mathilde Panot avait elle dénoncé dans l'enceinte du palais Bourbon ceux qui "instrumentalisent" la mort du militant nationaliste - en mémoire duquel tous les députés ont organisé une minute de silence - pour "salir" LFI.

La Jeune Garde a assuré dimanche ne pouvoir "être tenue pour responsable" de la mort de Quentin Deranque, "ayant suspendu toutes ses activités" car elle est visée par une procédure de dissolution.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 31 janvier 2026 à Roubaix, dans le Nord ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Jean-Luc Mélenchon, a, par le passé, fait l'éloge de la Jeune Garde. En avril 2025, il avait salué le travail de cette "organisation alliée".

Le coordinateur national de LFI Manuel Bompard a argué mardi que ce soutien passé ne constituait pas un lien entre LFI et le drame. Si d'anciens membres de ce groupe d'ultragauche sont responsables de l'agression, "ils doivent être punis", a-t-il dit.

La France insoumise n'a "aucun lien" avec cette agression, ni "aucune responsabilité politique", a-t-il martelé.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé sur BFMTV qu'il n'y aurait pas d'autres "meetings" dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré.