Moldavie-Une ingérence "sans précédent" lors du référendum sur l'Europe, dit Sandu information fournie par Reuters 21/10/2024 à 02:29
La présidente moldave Maia Sandu a dénoncé une attaque "sans précédent" contre le processus électoral avec, a-t-elle dit, une inférence étrangère lors du premier tour de l'élection présidentielle et du référendum sur un rapprochement avec l'Union européenne, organisés conjointement dimanche.
Après le dépouillement de plus de 92% des bulletins, le "non" à un objectif d'adhésion à l'UE l'emportait avec 52% des voix, contre 47% pour le "oui", même si des analystes ont indiqué que le "oui" pouvait encore l'emporter grâce au vote, pas encore comptabilisé, des expatriés, qui sont majoritairement pro-Europe.
Maia Sandu est donnée en tête du premier tour de l'élection présidentielle, avec 38% des suffrages, devançant l'ancien procureur Alexandre Stoianoglo, crédité de 28%. Un second tour se profile le 3 novembre dans l'ancien pays soviétique, aucun des onze candidats n'ayant obtenu la majorité.
Dans un communiqué adressé à la population, la présidente sortante a déclaré qu'il y avait des "preuves évidentes" montrant que des groupes criminels associés à des puissances étrangères hostiles aux intérêts de la Moldavie avaient tenté d'"acheter" quelque 300.000 votes. Elle a dénoncé "une fraude d'une ampleur sans précédent".
"Leur objectif a été de nuire au processus démocratique. Leur intention étant de semer la peur et la panique dans la société (...) Nous attendons les résultats définitifs, et nous répondrons avec des décisions fermes", a dit Maia Sandu.
En amont du double vote, les autorités locales ont accusé d'ingérence le magnat Ilan Shor, qui réside en Russie après avoir fui la Moldavie pour échapper à la justice. Shor, qui a été condamné pour fraude pour avoir tenté de corrompre au moins 130.000 électeurs, a nié toute inconduite. Moscou a nié toute interférence dans le processus électoral.
Aux premières heures de la journée de lundi, Ilan Shor a félicité Maia Sandu, pro-Europe, pour avoir "perdu la bataille", déclarant que les Moldaves avaient voté "non" lors du référendum.
Les autorités moldaves ont oeuvré en amont du scrutin pour supprimer des contenus en ligne présentés comme de la désinformation, annonçant avoir mis au jour un programme en Russie destiné à former les Moldaves à manifester en masse.
Depuis la fin de l'Union soviétique, Chisinau a alterné entre courants pro-Occident et pro-Russie. Les relations avec Moscou se sont détériorées depuis l'arrivée au pouvoir de Maia Sandu, favorable à une entrée dans l'UE et dont le gouvernement a condamné l'invasion russe de l'Ukraine.
Le gouvernement moldave a accusé Moscou de comploter afin de renverser Maia Sandu. La Russie a accusé Chisinau de russophobie.
(Tom Balmforth et Alexander Tanas; version française Tangi Salaün et Jean Terzian)