Minsk et Pyongyang signent un traité d'amitié information fournie par Reuters 26/03/2026 à 14:30
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par Mark Trevelyan
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a signé jeudi un traité d'amitié avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d'un sommet réunissant deux des principaux alliés de la Russie dans sa guerre en Ukraine.
Pour témoigner de cette amitié, Alexandre Loukachenko a offert à son hôte un fusil automatique et reçu de ce dernier un vase façonné à partir de morceaux d'obus, orné d'une image du président biélorusse.
Les deux hommes partagent le point commun d'être chacun visés par des sanctions internationales et de soutenir Vladimir Poutine dans son conflit contre l'Ukraine.
Kim Jong-un a fourni à Moscou des millions de munitions et a envoyé des troupes pour aider la Russie à évincer des soldats ukrainiens qui s'étaient emparés d'une partie de la région russe de Koursk en 2024.
Alexandre Loukachenko a quant à lui autorisé la Russie à utiliser son territoire comme base de lancement pour l'invasion russe de février 2022, puis a accepté d'héberger des missiles nucléaires tactiques russes sur son territoire, qui borde trois pays de l'Alliance atlantique.
L'ÉQUILIBRE DANGEREUX DE LOUKACHENKO
Le déplacement d'Alexandre Loukachenko à Pyongyang – la première en trente-trois ans de pouvoir – a mis en évidence un exercice d'équilibrisme diplomatique : il renforce ses liens avec des pays proches de Moscou et hostiles à l'Occident tout en cherchant à normaliser ses relations avec les États-Unis.
Cette visite intervient après une rencontre la semaine dernière avec l'envoyé du président américain Donald Trump, John Coale, et après la libération de 250 prisonniers politiques en échange d'un nouvel allègement des sanctions américaines visant la Biélorussie.
L'agence officielle Belta a cité Alexandre Loukachenko se réjouissant auprès de Kim Jong-un que les relations entre leurs pays entraient dans "une phase fondamentalement nouvelle".
Elle a rapporté que Kim Jong-un avait déclaré que les deux parties partageaient des positions communes sur de nombreux sujets et qu'"nous nous opposons à une pression indue exercée sur la Biélorussie par l'Occident".
Les deux pays n'entretiennent qu'un faible volume d'échanges commerciaux, mais disposent d'une longue expérience des sanctions internationales: la Corée du Nord en raison de ses programmes nucléaire et balistique, la Biélorussie pour son bilan en matière de droits humains et son soutien à Vladimir Poutine en Ukraine.
"Le programme est évident : comment contourner les sanctions et approfondir la coopération militaire", a commenté Franak Viacorka, chef de cabinet de l'opposante biélorusse en exil Sviatlana Tsikhanouskaïa.
"Pour les Biélorusses, cette visite ne signifie rien — elle n'apporte aucun bénéfice, aucun changement, aucun espoir. Il ne s'agit pas du peuple ni du pays. C'est une rencontre de dictateurs, pour des dictateurs", a-t-il ajouté dans un échange de messages avec Reuters.
(Acec Joyce Lee et Kyu-seok Shim à Séoul; version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)