Minneapolis: un journaliste arrêté, Trump qualifie Alex Pretti d'"agitateur" information fournie par AFP 30/01/2026 à 19:26
Un journaliste américain, ex-présentateur sur CNN, a été arrêté sur ordre de la ministre de la Justice en lien avec les manifestations à Minneapolis, où deux protestataires sont morts sous les balles de la police de l'immigration, dont l'un qualifié "d'agitateur" vendredi par Donald Trump.
Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid depuis la mort d'Alex Pretti et de Renee Good, qui provoqué une vive émotion dans cette ville du nord du pays et au-delà.
Sur son compte X, la ministre Pam Bondi a annoncé l'arrestation à Los Angeles "sous (sa) direction" de Don Lemon, ancienne figure de CNN, ainsi que de trois autres personnes, "en lien avec l'attaque coordonnée contre l'église Cities à St Paul, Minnesota" il y a deux semaines. Parmi elles, figurent une journaliste indépendante et un ancien candidat démocrate à la Chambre des représentants.
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné une "attaque flagrante" contre la presse tandis que le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, critique virulent de l'administration Trump, taclait les autorités sur X. "Poutine serait fier", a-t-il lancé en référence au président russe Vladimir Poutine.
- "Violence déchaînée" -
Après avoir parlé de sa volonté de "désescalade", Donald Trump a qualifié vendredi Alex Pretti "d'agitateur" sur sa plate-forme Truth social.
Le président américain est revenu sur une vidéo virale montrant l'infirmier de 37 ans, onze jours avant sa mort, se rebeller lors d'une interpellation par des policiers fédéraux. "Agitateur et, peut-être, insurgé, la cote d'Alex Pretti a fortement chuté" avec cette vidéo, lance-t-il.
L'AFP n'a pu pour l'heure vérifier ces images, sur lesquelles on voit un manifestant qui serait Alex Pretti donner des coups de pied dans un véhicule de la police fédérale avant d'être plaqué au sol par des agents.
"Ce fut une véritable démonstration de violence et de colère, visible de tous, déchaînée et hors de contrôle", a assuré Donald Trump.
"Le mec a donné un coup de pied dans le phare d'une voiture. Est-ce que ça signifie qu'il méritait de mourir ?", s'indigne auprès de l'AFP Pedro Wolcott, propriétaire d'une sandwicherie dans les quartiers sud de Minneapolis.
Dans la première réaction publique d'un haut-responsable de l'Union européenne, Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, a déploré vendredi les images "terrifiantes" venues des Etats-Unis.
"C'était terrible le choc de voir comment Renee Good, Alex Pretti et des petits enfants, des femmes, des hommes sont traités avec une violence aveugle", a-t-elle déclaré à l'AFP.
- "Chaos trumpiste"-
En début de semaine, Donald Trump avait promis un retrait partiel des hommes masqués qui quadrillent Minneapolis depuis des semaines pour arrêter des migrants sans-papiers et dont les opérations d'arrestations musclées indignent les habitants.
Tom Homan, son envoyé spécial à Minneapolis, a promis jeudi de "bientôt" réduire les effectifs de la police fédérale qui y sont déployés.
"Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente", avait-il cependant affirmé, rappelant que les agences fédérales avaient "des normes de conduite" et que les agents violant les procédures légales seraient sanctionnés.
Alex Pretti a été tué le 24 janvier par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille de 37 ans, avait été tuée le 7 janvier, par un agent de ICE.
Le sujet crispe jusqu'à Washington, où les démocrates refusent d'adopter un budget pour le ministère de la Sécurité intérieure sans que des réformes de la police fédérale de l'immigration (ICE) ne soient mises en place.
Chose rare, une figure de la Sillicon Valley s'est emparée du sujet pour appeler le tissu économique à réagir.
"Davantage d'entre nous doivent cesser de considérer le chaos trumpiste comme un simple théâtre politique dont on peut se tenir à l'écart. Il est temps pour nous tous d'en faire et d'en dire davantage", a écrit Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, dans une tribune au San Francisco Standard. "Une grande majorité d'entre nous désapprouve la brutalité ostentatoire du régime Trump".