Minneapolis: Trump promet une "petite désescalade" après l'arrivée d'un de ses conseillers information fournie par AFP 28/01/2026 à 01:55
Donald Trump a annoncé une "petite désescalade" à Minneapolis après l'arrivée mardi de son conseiller chargé de désamorcer les tensions autour de l'opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants, tués par balles par des agents fédéraux.
"Ce n'est pas un retrait, c'est un petit changement", a toutefois averti le président américain dans une interview sur Fox News.
Son envoyé Tom Homan a pris le relais du chef de la police aux frontières Greg Bovino, qui devait quitter Minneapolis avec une partie des 3.000 agents fédéraux déployés depuis plusieurs semaines.
"Il faut qu'ICE (la police de l'immigration, NDLR) sorte de toutes nos communautés", a plaidé Jaylani Husseini, un militant musulman rencontré par l'AFP lors d'une manifestation devant le parlement du Minnesota. "Ce ne sont pas les bonnes personnes pour ce job. Il faut envoyer des gens (...) qui savent le faire sans faire de mal à notre communauté", a ajouté Brian Furgen, vétéran de l'armée âgé de 55 ans.
Principal responsable de la politique d'expulsions massives de migrants voulue par Donald Trump, Tom Homan, considéré comme moins agressif dans sa communication, a échangé avec les grandes figures démocrates de l'Etat, le gouverneur Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey.
D'après des communiqués, les deux dirigeants ont répété vouloir voir partir les agents fédéraux et obtenir des enquêtes "impartiales" sur les événements impliquant ces policiers. "Même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, ces réunions constituent un point de départ productif", a commenté Tom Homan sur X.
Les échanges vont se poursuivre, ont-ils tous indiqué.
- "Enquête honorable" -
Concernant Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué par balles lors d'une manifestation samedi, le chef de l'Etat américain a dit vouloir "une enquête honorable" qu'il surveillera "de près".
Donald Trump a refusé de qualifier la victime d'"assassin", contrairement à son conseiller Stephen Miller. "Ceci étant dit, il ne faut pas (...) arriver avec une arme" dans une manifestation, a-t-il lancé.
Des vidéos analysées par l'AFP et d'autres médias mettent à mal la thèse de certains membres de son gouvernement selon laquelle M. Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l'ordre.
Il est "dingue que des personnes tentent de faire comme si assassiner des civils était quelque chose d'acceptable", a réagi le basketteur français Victor Wembanyama, star de la NBA. "Je suis un étranger qui vit dans ce pays, je suis inquiet", a ajouté le joueur des San Antonio Spurs.
Tuée par un agent d'ICE le 7 janvier, Renee Good s'est elle vu reprocher d'avoir tenté de renverser le policier avec sa voiture. L'enquête s'est concentrée sur les agissements de cette femme de 37 ans et ceux de sa compagne, plutôt que sur le tireur.
Bien qu'il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n'entend pas revoir sa politique en matière d'immigration.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a rappelé lundi qu'il continuerait d'exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales, ce qui est une ligne rouge pour les élus démocrates locaux.
Le président a aussi indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, dont l'opposition appelle à la démission, restait en place.
- Procédures judiciaires -
Dans la principale procédure judiciaire contre l'action des agences fédérales dans le Minnesota, une juge a promis lundi une décision rapide concernant la demande du procureur général de l'Etat d'y suspendre l'opération.
La justice a aussi bloqué, tant qu'ils contestent leur détention, l'expulsion hors des Etats-Unis de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d'origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière.
Une photo montrant le garçonnet apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, le sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, est devenue virale.
Un agent fédéral a par ailleurs été refoulé alors qu'il tentait de pénétrer dans le consulat d'Équateur à Minneapolis, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères du pays dont le président Daniel Noboa est allié de Donald Trump.
Dans une autre affaire, un juge a appelé le directeur de ICE, Todd Lyons, à comparaître "en personne" vendredi.