Minneapolis: Trump menace d'invoquer une loi d'exception après de nouveaux heurts information fournie par AFP 15/01/2026 à 18:26
Donald Trump a menacé jeudi d'invoquer une loi d'exception qui lui permettrait de déployer l'armée à Minneapolis, après une soirée de heurts entre forces de l'ordre et manifestants faisant suite à un nouvel incident impliquant la police de l'immigration (ICE).
Alors que la ville est sous tension depuis la mort la semaine dernière d'une femme abattue par un agent lors d'une opération, un ressortissant vénézuélien a été blessé mercredi en fin de journée par un nouveau tir policier.
Selon le ministère de la Sécurité intérieure, les faits se sont déroulés au cours d'une altercation, alors que la victime, "en situation irrégulière", tentait de résister à son arrestation par la police fédérale.
Le policier a alors "tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie", touchant l'homme à la jambe, selon l'institution.
L'incident a déclenché une manifestation de quelques centaines de personnes qui ont fait face aux forces de l'ordre pendant plusieurs heures. Des mortiers d'artifice ont été tirés sur des agents, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.
Dans un message sur Truth Social, le président américain a réagi en menaçant d'invoquer l'"Insurrection Act" si "les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s'emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d'attaquer" les agents d'ICE.
Donald Trump a plusieurs fois menacé d'utiliser ce texte ces derniers mois, notamment après des décisions défavorables de la justice sur son utilisation de la Garde nationale, force militaire de réserve déployée dans plusieurs grandes villes pour lutter contre la criminalité et appuyer la police de l'immigration. Mais il n'a jamais mis sa menace à exécution jusqu'à présent.
- Précédent Rodney King -
L'"Insurrection Act", compilation de lois des XVIIIe et XIXe siècles, est une forme d'état d'urgence qui permet à l'Etat fédéral d'utiliser l'armée à des fins de maintien de l'ordre sur le territoire américain.
Il permet de contourner une loi, le "Posse Comitatus Act", qui interdit d'utiliser des militaires contre des citoyens américains.
L'"Insurrection Act" a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes sans précédent à Los Angeles à la suite de l'acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir, l'année précédente.
Les autorités démocrates du Minnesota accusent le gouvernement de semer le chaos à Minneapolis en multipliant les opérations de contrôle et les arrestations, alors que la ville est sous forte tension depuis la mort le 7 janvier de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans.
Jeudi le gouverneur de l'Etat, Tim Walz, a demandé au président de "faire baisser la température" et cesser sa "campagne de représailles". Il a aussi appelé les habitants au calme : "Nous ne devons pas alimenter les flammes du chaos. C'est ce qu'il (le président) veut".
La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a assuré de son côté que les agents d'ICE allaient poursuivre leurs opérations dans la ville. "Les agents que nous avons sur le terrain sont très bien formés et qualifiés, spécifiquement pour les opérations qu’ils mènent", a-t-elle insisté.
Des centaines d'agents ont rejoint l'Etat en début de semaine, s'ajoutant aux quelque 2.000 qui y étaient déjà déployés.
Les démocrates réclament également que les responsabilités soient établies dans la mort de Renee Nicole Good, craignant que l'enquête du FBI ne toit totalement biaisée après que plusieurs responsables du pays, Donald Trump en tête, ont défendu la thèse de la légitime défense.
Mercredi les avocats de la famille de la victime ont annoncé l'ouverture d'une enquête civile dans cette affaire, une première étape pour une éventuelle action ultérieure contre l'Etat fédéral.