Minneapolis: Trump promet une "petite désescalade" après l'arrivée d'un de ses conseillers information fournie par AFP 28/01/2026 à 00:13
Donald Trump a annoncé une "petite désescalade" à Minneapolis après l'arrivée mardi de son conseiller dépêché pour désamorcer les tensions autour de l'opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants, tués par balles par des agents fédéraux.
"Ce n'est pas un retrait, c'est un petit changement", a toutefois averti le président américain dans une interview sur Fox News.
Son envoyé Tom Homan a pris mardi le relais du chef de la police aux frontières Greg Bovino, qui devait quitter Minneapolis avec une partie des 3.000 agents fédéraux déployés depuis plusieurs semaines.
Principal responsable de la politique d'expulsions massives de migrants voulue par Donald Trump, M. Homan, considéré comme moins agressif dans sa communication, a échangé mardi avec les deux grandes figures démocrates de l'Etat, le gouverneur Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey.
D'après des communiqués de leurs équipes, les deux dirigeants démocrates ont répété vouloir voir partir les agents fédéraux et obtenir des enquêtes "impartiales" sur les évènements impliquant ces policiers. Ces échanges vont se poursuivre, ont-ils indiqué.
Concernant Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué par balles lors d'une manifestation samedi, le chef de l'Etat américain a dit vouloir "une enquête honorable et très honnête" et s'est engagé à "surveiller ça de près".
Donald Trump a jugé ce décès "très triste" et a refusé de qualifier la victime d'"assassin", contrairement à son conseiller Stephen Miller. "Ceci étant dit, il ne faut pas avoir d'armes, arriver avec une arme" dans une manifestation, a lancé le milliardaire républicain.
Des vidéos analysées par l'AFP et d'autres médias mettent à mal la thèse de certains membres de son gouvernement selon laquelle Alex Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l'ordre.
- "Je suis inquiet" -
"Comment le gouvernement peut-il en faire un terroriste intérieur ?", s'interroge Fabiola, habitante du Minnesota contactée par l'AFP. "Il y a des preuves claires de ce qui s'est passé, ils mentent", estime-t-elle, refusant de donner son nom par peur de représailles.
Il est "dingue que des personnes tentent de faire comme si assas siner des civils était quelque chose d'acceptable", a réagi le basketteur français Victor Wembanyama, une star de la NBA. "Je suis un étranger qui vit dans ce pays, je suis inquiet, c'est certain", a ajouté le joueur des San Antonio Spurs.
Tuée par un agent de la police de l'immigration (ICE) le 7 janvier, Renee Good s'est elle vu reprocher d'avoir tenté de renverser le policier avec sa voiture. L'enquête s'est concentrée sur les agissements de cette femme de 37 ans et ceux de sa compagne, plutôt que sur le tireur.
Bien qu'il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n'entend pas revoir sa politique en matière d'immigration.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait rappelé lundi qu'il continuerait d'exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales chargées de l'immigration.
C'est pourtant une ligne rouge pour les élus locaux démocrates, comme Jacob Frey affirme l'avoir dit à Tom Homan.
Le président a aussi indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, dont l'opposition appelle à la démission, restait en place car elle fait "un très bon travail".
- Violations des droits humains -
Plusieurs procédures judiciaires sont en cours concernant la validité de l'action des agences fédérales de l'immigration dans le Minnesota et l'enquête sur la mort d'Alex Pretti.
Dans l'une d'elles, un juge a appelé le directeur de la police fédérale de l'immigration (ICE), Todd Lyons, à comparaître "en personne" vendredi.
Une juge a par ailleurs promis lundi de rendre une décision rapide concernant la demande du procureur général du Minnesota d'y suspendre l'opération anti-immigration.
Au-delà de ce seul Etat, le sénateur démocrate de Géorgie Jon Ossof a publié mardi un rapport recensant "plus de 1000 (cas) crédibles" de violations des droits humains au sein du système de détention des migrants depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Il s'agit notamment de violences physiques et sexuelles, de privations de nourriture et d'eau et de séparations de familles.