Meurtre de Mehdi Kessaci: quatre nouveaux suspects mis en examen, portant à 11 leur nombre information fournie par AFP 07/07/2026 à 14:05
Nouvelle étape dans l'enquête sur le meurtre à Marseille de Mehdi Kessaci, frère d'une figure de la lutte contre le narcotrafic: quatre suspects, trois hommes et une femme, ont été mis en examen à Paris et placés en détention provisoire, portant à 11 leur nombre.
Les nouveaux suspects ont été mis en examen notamment pour "meurtre et tentative de meurtre en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", a annoncé mardi la procureure de la République anti-criminalité organisée, Vanessa Perrée, dans un communiqué.
Sollicités par l'AFP, les avocats de deux des mis en cause n'ont pas souhaité s'exprimer.
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, jeune homme de 20 ans totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, avait été tué de plusieurs balles, en plein après-midi à Marseille.
Son meurtre avait provoqué une onde de choc, alors que son frère, Amine Kessaci, est une figure de la lutte contre le narcotrafic dans la cité phocéenne.
Une première vague d'interpellations avait été menée à Marseille et dans le département de l'Hérault par l’office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et la direction zonale de la police nationale Sud (DZPN sud), permettant le placement en garde à vue de dix individus le 23 mars, puis la mise en examen de six d'entre eux et leur incarcération. Il s'agissait de cinq hommes et d'une femme.
Le 18 mai, un septième individu avait été interpellé puis mis en examen et également incarcéré, a expliqué Mme Perrée, à la tête du nouveau parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), actif depuis début janvier.
"La poursuite des nombreuses investigations réalisées par les enquêteurs a permis, le 30 juin, les interpellations de quatre nouveaux individus, trois hommes et une femme, âgés entre 20 et 25 ans", a-t-elle détaillé, en précisant que "tous sont déjà connus de la justice".
"Eléments graves"
Trois d'entre eux sont ainsi actuellement incarcérés dans le cadre d'autres dossiers, a-t-elle noté.
Mme Perrée a souligné que l'enquête avait mis au jour "des éléments graves ou concordants laissant à penser que ces quatre individus seraient susceptibles d'avoir, pour certains, joué un rôle actif dans les différents passages à l'acte (...), pour d'autres, dans la chaîne de donneurs d'ordres".
Sollicités par l'AFP au sujet de ces nouvelles mises en examen, les avocats d'Amine Kessaci, Mes Pierre-Olivier Sur, Sofia Bougrine et Sofia Norten, ont simplement indiqué "avoir confiance en la justice de notre pays".
Plusieurs sources proches du dossier ont indiqué à l'AFP que les enquêteurs, qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, avaient désormais la certitude que les tueurs s'étaient "trompés de cible" et qu'ils visaient Amine Kessaci.
Néanmoins, mardi, une autre source proche du dossier a indiqué qu'il s'agissait d'"une piste faisant l'objet de vérification et d'investigation, comme tous les autres éléments du dossier: pas une piste privilégiée mais étudiée".
Amine Kessaci est sous protection policière depuis septembre. Il est devenu à 22 ans, fin mars, adjoint au maire socialiste de Marseille, Benoît Payan.
Dans son communiqué, Vanessa Perrée a souligné que les opérations menées témoignaient de "la mobilisation importante des services d’enquête ainsi que de l'autorité judiciaire afin d'identifier l'ensemble des personnes impliquées dans ces faits d’une extrême gravité".
Le Pnaco a été installé en janvier pour combattre les trafics qui "déstabilisent l'ordre social", selon les mots de Mme Perrée.
La lutte contre le narcotrafic sera un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle de 2027.
Emmanuel Macron présidera jeudi à l'Elysée une nouvelle réunion de lutte contre les narcotrafics, centrée notamment sur les douanes, les ports et les Outre-mer, la cinquième de ce type depuis novembre 2025.