Mercosur : après l'obstacle imposé par le Parlement européen, la Commission européenne pousse pour une application rapide et temporaire de l'accord de libre-échange
information fournie par Boursorama avec Media Services 23/01/2026 à 08:48

Cet accord doit permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine tout en facilitant l'entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.

Ursula von der Leyen à Bruxelles, en Belgique, le 22 janvier 2026. ( AFP / NICOLAS TUCAT )

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué vendredi 23 janvier une application "dès que possible" de l'accord commercial avec le Mercosur, s'appuyant sur le souhait de plusieurs dirigeants européens

Le Parlement a saisi mercredi la Cour de justice de l'Union européenne pour vérifier la légalité de ce traité de libre-échange, ce qui suspend le processus de ratification pendant un an et demi. Mais la Commission a le droit dans l'intervalle d'appliquer provisoirement cet accord avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay.

"Nous n'avons pas encore pris de décision", mais "la question de l'application provisoire a été soulevée par plusieurs dirigeants" européens , lors d'un sommet à Bruxelles jeudi soir, a affirmé Ursula von der Leyen. Chez ces responsables, "il y a un clair intérêt" pour que cet "important accord" s'applique "dès que possible", a-t-elle assuré.

Mais une telle application ne sera possible que quand au moins un des pays du Mercosur aura formellement approuvé cet accord, a-t-elle rappelé. "Nous serons prêts lorsqu'ils le seront" côté latino-américain , a assuré la dirigeante.

"Une forme de viol démocratique"

Auparavant, Antonio Costa, le président du Conseil européen -l'instance qui représente les États membres- a réclamé cette application provisoire. Selon lui, la majorité des États membres y est favorable. L'Allemagne soutient ardemment la mise en œuvre rapide de l'accord, tout comme l'Espagne. Mais la France y est farouchement opposée, en raison de craintes pour son secteur agricole.

Si Ursula von der Leyen "venait à passer en force en imposant une application provisoire, cela constituerait (...) une forme de viol démocratique, a lancé la porte-parole du gouvernement français jeudi, Maud Bregeon.

Cet accord doit permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine tout en facilitant l'entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.

Pour ses détracteurs, cela va bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.

Mercredi, les syndicats agricoles européens ont salué la saisine de la justice et mis en garde contre tout "passage en force" de la Commission européenne.