Menacé de nationalisation, Thames Water voit sa dette gonfler encore
information fournie par Boursorama avec AFP 15/07/2026 à 13:18

( AFP / BEN STANSALL )

Le plus grand distributeur d'eau du Royaume-Uni, Thames Water, au bord de l'asphyxie financière et sur lequel pèse le spectre d'une coûteuse nationalisation, a vu sa dette enfler encore mais renoue avec les bénéfices, selon ses derniers résultats annuels.

"L'entreprise se redresse sur un plan opérationnel, mais nous travaillons avec nos créanciers, les autorités de régulation et le gouvernement afin de finaliser notre recapitalisation", a indiqué le directeur général Chris Weston mercredi dans un communiqué.

La dette nette de Thames Water s'est alourdie à 18,5 milliards de livres (21,7 milliards d'euros) au 31 mars, date de clôture de son exercice annuel décalé, en hausse de 10% sur un an.

Mais l'entreprise affiche aussi un bénéfice net annuel de 113 millions de livres (133 millions d'euros), dopé par des prix en hausse, à comparer à une perte de plus de 1,5 milliard de livres un an plus tôt.

Thames Water précise mercredi être actuellement financée "jusqu'au quatrième trimestre 2026" mais estime quelle devrait pouvoir assurer son activité pendant les 12 prochains mois.

Le groupe cherche activement des capitaux pour éviter un plan de sauvetage public -- mais le gouvernement britannique avait jugé insuffisante le mois dernier la proposition actuellement à l'étude.

Après l'abandon du fonds d'investissement américain KKR, un temps privilégié, ce plan de 10 milliards de livres (11,7 milliards d'euros) est porté par les principaux créanciers de Thames Water, réunis au sein du consortium London & Valley Water.

Mais celui-ci est critiqué notamment parce qu'il coûterait très cher en intérêts qui risquent d'alourdir les factures de ses 16 millions de clients, situés en grande partie dans la région de Londres.

Accusées d'avoir trop peu investi dans un système d'égouts obsolète, les compagnies des eaux britanniques sont sous le feu des critiques depuis plusieurs années en raison du déversement d'importantes quantités d'eaux usées dans les cours d'eau et en mer.

L'exécutif travailliste au pouvoir a amorcé une vaste réforme du secteur.

Le régulateur de l'eau (Ofwat) a aussi autorisé ces dernières années les compagnies, dont Thames Water, à augmenter substantiellement leurs factures pour financer les immenses investissements dont elles ont besoin.

La perspective d'une nationalisation par le futur Premier ministre britannique Andy Burnham, qui doit remplacer lundi Keir Starmer, "plane sur Thames Water", affirme Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell, qui prévient que "les prochaines semaines pourraient être décisives" pour l'entreprise.