Méduses et canicule: pic d'indisponibilité "environnementale" record de 20,4% dans le parc nucléaire d'EDF information fournie par AFP 12/08/2026 à 18:14
Le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), sans conséquence toutefois pour l'approvisionnement en électricité de la France qui reste largement assuré.
Peu avant 10H00, le parc nucléaire d'EDF a connu un nouveau pic d'indisponibilités pour "contraintes environnementales" ou "causes externes liées à l'environnement".
Au total, 13 réacteurs étaient concernés, contre un précédent record de 12 réacteurs dans la nuit du 14 au 15 juillet, soit un total de 20,4% de capacités de production indisponibles, selon des calculs de l'AFP à partir des données publiées depuis 2015 par EDF.
Huit étaient à l'arrêt complet (Bugey 3, Cattenom 1, Chooz 1 et 2, Golfech 2, Gravelines 2, 3 et 4) et cinq étaient en sous-régime (Saint-Alban 2, Tricastin 1 et 4, Gravelines 1 et 6).
Cette puissance manquante sur le parc nucléaire est en grande partie liée à des indisponibilités "fortuites", totales ou partielles sur 5 des 6 réacteurs de Gravelines, la plus grande centrale d'Europe occidentale, située sur les bords de la mer du Nord.
Les réacteurs 1, 2, 3, 4 et 6 ont été mis à l'arrêt ou en sous-régime lundi et mardi, pour plusieurs jours en raison de l'arrivée de plusieurs tonnes de méduses dans les stations de pompage qui servent à puiser l'eau de mer pour refroidir les installations nucléaires. Un phénomène déjà survenu il y a un an exactement.
Les unités n°1 et 6 sont depuis revenues à la pleine puissance vers 10H00 tandis que le réacteur n°5 est lui en arrêt programmé pour maintenance. A l'arrêt, Gravelines 2 doit redémarrer mercredi soir à 23H00.
En dehors de Gravelines, les arrêts ou réductions de production des autres réacteurs sont liés à la hausse des températures des fleuves ou à la baisse de leur débit.
Les 57 réacteurs nucléaires de la France, assurant quelque 70% de sa production d'électricité, sont tous sont installés au bord d'un fleuve ou de la mer pour permettre le refroidissement des installations.
Or, en cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse de la température des cours d'eau peuvent contraindre EDF à réduire, voire arrêter sa production pour préserver l'environnement et la biodiversité.
L'exploitant ne peut alors rejeter d'effluents chimiques ou radioactifs ni réchauffer davantage les rivières avec ses eaux de refroidissement rejetées plus chaudes.
"Après les vagues de forte chaleur, la baisse du débit des fleuves, la multiplication des méduses démontre que l’industrie nucléaire n’est toujours pas adaptée au changement climatique et ne protège pas la biodiversité aquatique", a réagi le Réseau Sortir du nucléaire.
Ces perturbations ont réduit la production nucléaire d'EDF d'environ 3% en juin et 6% en juillet, mais sans impact sur l'approvisionnement de la France qui reste d'ailleurs largement exportatrice d'électricité avec "jusqu’à l’équivalent de plus d’une dizaine de réacteurs nucléaires" pour la journée de mardi, selon EDF.
Le groupe assure que "l'impact des phénomènes de sécheresse et de canicule sur la production nucléaire est très faible", avec une perte de production moyenne annuelle d'environ 0,3% depuis 2000. Mais la multiplication des épisodes de fortes chaleurs met en lumière l'immense défi d'adaptation des installations nucléaires à la raréfaction de la ressource en eau.
L'électricien prévoit d'investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations de production au réchauffement climatique, dont 4,3 milliards pour le nucléaire.