Médicaments anti-obésité: quels effets secondaires ? information fournie par AFP 28/05/2026 à 12:29
Troubles digestifs, carences nutritionnelles, rares complications sévères... Les traitements anti-obésité dits GLP-1, bientôt remboursés en France, suscitent des interrogations croissantes sur leurs effets secondaires. Les autorités sanitaires estiment cependant que les bénéfices l'emportent sur les risques s'ils sont bien prescrits.
D'abord développés contre le diabète avant d'être utilisés pour favoriser la perte de poids, les médicaments GLP-1 comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) ou le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound) voient leurs effets secondaires étudiés avec de plus en plus de précision.
Une étude majeure, publiée dans Nature Medicine en 2025, a, ainsi, cartographié les principaux risques associés aux GLP-1, sur la base d'une cohorte de plus de 200.000 ex-soldats américains soignés pour un diabète.
Cette étude, sans être en mesure d'établir directement des liens de cause à effet, observe un "risque plus élevé de troubles gastro-intestinaux, d'hypotension, de syncope, de troubles arthritiques, de néphrolithiase, de néphrite interstitielle et de pancréatite" chez les patients prenant des traitements GLP-1.
Les problèmes les plus fréquents sont, de loin, des nausées et vomissements. S'ils sont souvent bénins, ils peuvent se révéler insupportables à vivre, conduisant nombre de patients à l'arrêt du traitement.
Des complications plus graves, mais rares, ont également été signalées: occlusions intestinales ou gastroparésies, un trouble dans lequel l'estomac ne se vidange pas et garde des aliments non digérés pendant plusieurs heures.
Plus récemment, un autre type de trouble a attiré l'attention des chercheurs et des autorités sanitaires: des atteintes au nerf optique, dites NOIAN, pouvant aller jusqu'à rendre le patient aveugle, pourraient être liées à la prise de GLP-1, notamment le sémaglutide.
Les études divergent toutefois. Certaines concluent à un rôle des GLP-1, d'autres à une absence de risque particulier. Ces cas restent exceptionnels, ne concernant qu'un patient sur plusieurs milliers. L'Agence européenne du médicament estime depuis 2025 que le risque de NOIAN existe mais qu'il demeure "très rare".
Aux Etats-Unis, de nombreuses plaintes contre les fabricants de GLP-1 ont été recensées, essentiellement pour des gastroparésies et dans une moindre mesure pour des troubles de la vision. En France, des procédures devraient être lancées dans les prochains mois.
D'autres risques, initialement suspectés, comme une hausse des idées suicidaires, apparaissent désormais largement écartés comme effets secondaires des GLP-1.
Nombre de spécialistes estiment globalement que ces médicaments ne présentent pas un profil de risque particulièrement élevé pour un médicament et que leurs bénéfices, sans précédent pour la perte de poids, l'emportent quand ils sont prescrits à bon escient.
Sur cette ligne, l'agence française du médicament a conclu début 2026, analysant deux ans de données de pharmacovigilance, à un "rapport bénéfice/risque favorable de ces médicaments lorsqu’ils sont utilisés dans les indications de leur autorisation de mise sur le marché (AMM), pour le traitement du diabète et de l’obésité".
En France, L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) appelait notamment à la vigilance quant à un point encore peu identifié: des carences nutritionnelles, telle une anémie, qui pourraient être liées à une perte de poids trop rapide.