Maroc-Le PAM en tête des législatives, le taux de participation en baisse information fournie par Reuters 24/09/2026 à 08:05
(Actualisé avec autres résultats, précisions, contexte)
Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête des élections législatives qui se sont déroulées mercredi au Maroc, suivi par ses partenaires de coalition dans le gouvernement sortant,le RNI et le parti de l'Istiqlal, selon des résultats officiels encore provisoires.
Le PAM a obtenu 97 des 395 sièges que compte la Chambre des représentants, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI) (66 sièges) et l'Istiqlal (65 sièges), a déclaré le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, jeudi lors d'une conférence de presse.
Le Parti de la justice et du développement, d'idéologie islamiste, a rebondi avec 54 élus, contre seulement 13 lors des précédentes élections en 2021, relancé par le retour aux commandes de son secrétaire général Abdelilah Benkirane, ancien Premier ministre de 2011 à 2017.
A gauche, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) a remporté 26 sièges, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) 19 sièges, et la Fédération de la gauche démocratique (FGD) 8 sièges.
Le taux de participation a atteint 38,02%, selon le ministère de l'Intérieur. Lors des dernières élections qui se sont tenues en 2021, le taux de participation était de 50%.
Environ 27 millions de Marocains sont en âge de voter, mais seulement 15,8 millions sont inscrits sur les listes électorales, 12% de moins qu'en 2021.
Ces législatives ne devraient pas bouleverser l'équilibre des pouvoirs au Maroc, où le roi Mohamed VI dispose de prérogatives étendues sur les grandes orientations politiques ainsi que la défense et les affaires étrangères.
En vertu de la Constitution adoptée en 2011, le roi nomme le Premier ministre issu du parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges.
S'il venait à nommer l'actuelle dirigeante du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri, à la tête du gouvernement, elle deviendrait la deuxième femme à occuper ce poste dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden.
Le PAM a bénéficié pendant la campagne du ralliement de Fouzi Lekjaa, ministre délégué au Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, dont la notoriété s'est accrue grâce au bon parcours du Maroc en Coupe du monde. Les observateurs le considèrent comme un candidat potentiel au poste de Premier ministre.
Le PAM devra négocier une coalition, alors même que ses dirigeants ont exclu de s'allier de nouveau avec le RNI, vainqueur des élections de 2021, les deux partis échangeant des accusations concernant des politiques jugées infructueuses.
Le Premier ministre sortant, l'homme d'affaires milliardaire Aziz Ahkannouch, ne se représentait pas après avoir démissionné cette année de son poste de dirigeant du RNI. Le parti de centre droit a été critiqué en raison de la hausse du coût de la vie, du chômage et de conflits d'intérêts, qu'il dément.
Le PAM a mené campagne en promettant la création d'un million d'emplois, de meilleurs salaires et la poursuite des investissements dans la santé et la protection sociale.
(Ahmed El Jechtimi; version française Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse)