Marine Le Pen, un clan au-dessus des autres au RN
information fournie par AFP 09/08/2026 à 08:02

Marine Le Pen et Jordan Bardella côte à côte avant une cérémonie pour marquer le 10e anniversaire de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2026 à Nice ( AFP / Valery HACHE )

Relancée à la conquête du pouvoir, Marine Le Pen joue en public de son "binôme" avec Jordan Bardella. Mais en coulisses, la candidate du Rassemblement national s'appuie surtout sur sa famille et sa garde rapprochée: mieux qu'une équipe, un clan.

Dans la famille Le Pen, il y a d'abord la patronne. Celle dont le rang doit autant aux combats menés qu'à l'hérédité: Marine, 58 ans, fille de Jean-Marie, fondateur du Front national, bientôt neuf présidentielles à eux deux.

En un demi-siècle, le parti à la flamme aura toujours proposé le même nom sur le bulletin de vote. Et pour cause: "Le Pen, ça veut dire le chef en breton", rappelle la matriarche. Un droit du sang, qui bénéficie par extension à toute la tribu armoricaine.

A commencer par sa soeur aînée, Marie-Caroline, 66 ans, qui aurait dû porter le flambeau si elle n'avait pas rejoint le "félon" Bruno Mégret il y a bientôt trois décennies.

Marie-Caroline Le Pen, soeur de Marine Le Pen, le 8 juillet 2026 à La Flèche, dans la Sarthe ( AFP / FRED TANNEAU )

Erreur depuis "pardonnée" par sa cadette, qui lui a remis le pied à l'étrier en la laissant tenter sa chance dans la Sarthe, où elle a failli être élue députée en 2024.

C'est d'ailleurs dans ce département, où elle est désormais tête de liste aux sénatoriales de septembre, que Marine Le Pen a effectué son premier déplacement de campagne, le 8 juillet, au lendemain de son annonce de candidature.

Les nièces

Une impression de réunion familiale renforcée par la présence de Philippe Olivier, 64 ans, époux de Marie-Caroline et conseiller de longue date des Le Pen, père et filles. Aujourd'hui eurodéputé, il se targue de "donner son avis sur tout" à la candidate qui "prend ou pas" ses suggestions.

Nolwenn Olivier, directrice de communication de la campagne de Marine Le Pen et fille de sa soeur Marie-Caroline et de l'eurodéputé Philippe Olivier, le 8 juillet 2026 à La Flèche, dans la Sarthe ( AFP / Fred TANNEAU )

Son nom ne figure pas à ce stade dans l'organigramme de l'équipe de campagne, contrairement à celui de sa fille, Nolwenn Olivier, 27 ans, propulsée directrice de la communication de sa tante, une promotion inattendue.

"C'est la fille de deux chevilles ouvrières du parti, c'est pas un crime", commente un député. "Elle a un sens politique", "elle a été biberonnée à ça", développe un autre cadre.

Jusqu'à présent, la jeune femme était surtout connue pour avoir été en couple avec Jordan Bardella entre 2020 et 2024. Une période charnière pour celui qui venait de remporter sa première campagne européenne et allait accéder à la présidence du RN, qu'il exerce encore à ce jour.

Ne manque plus, pour compléter le tableau, que l'autre nièce, Marion Maréchal, 36 ans - fille de l'autre soeur, Yann Le Pen -, ex-étoile montante du parti à la flamme. Un temps bannie pour avoir rejoint Eric Zemmour en 2022, elle est vite revenue dans le giron après la dissolution de 2024 car, "dans la famille, nous avons le pardon facile", assure sa tante Marine.

Il faudra bien trouver une place dans la campagne à cette autoproclamée "tête dure de Bretonne". Un cadre "mariniste" évoque "une sorte de comité des alliés".

Le banc des amis

Marine Le Pen, suivie par l'eurodéputée Catherine Griset, quitte le palais de justice de Paris le 7 juillet 2026 à Paris. ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Au coeur du dispositif, on retrouvera les plus loyaux collaborateurs de la candidate. Notamment ceux qui l'ont accompagnée, le 7 juillet, à la cour d'appel, le jour de la décision tant attendue qui lui a rendu son éligibilité - tout en confirmant sa condamnation pour détournement de fonds européens.

Il y avait là sa confidente Catherine Griset, 53 ans, ex-belle-soeur devenue cheffe de cabinet, également condamnée pour avoir été son assistante fictive au Parlement européen, et désormais élue à Bruxelles.

On retrouvait aussi Caroline Parmentier, 60 ans, ancienne journaliste au quotidien d'extrême droite Présent, promue conseillère presse puis députée du Pas-de-Calais, non loin du fief électoral de la patronne. A deux pas également de la circonscription de Bruno Bilde, 49 ans, autre intime de la cheffe, qui l'a aidée à s'implanter à Hénin-Beaumont, avec le maire Steeve Briois, 53 ans, son compagnon à la ville.

Dans l'escouade du palais de justice, enfin, l'élu de la Somme Jean-Philippe Tanguy, 40 ans, souverainiste venu des rangs de Nicolas Dupont-Aignan, converti en fervent marinolâtre et récompensé par un poste de président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Il est notamment chargé, avec le secrétaire général du groupe, Renaud Labaye, un Saint-Cyrien de 41 ans, de maintenir les troupes mobilisées. En rappelant, si besoin, aux députés qu'ils "ont été élus avec la tête de Marine sur leurs affiches".