Manifestations en Iran : le régime maintient le blackout internet et réprime dans le sang, l'émoi monte information fournie par Boursorama avec Media Services 09/01/2026 à 18:01
Le pouvoir iranien impose une coupure quasi-totale d'internet et du réseau mobile limitant les communications vers l'étranger, tandis que le mouvement de contestation anti-régime a gagné de nombreuses villes à travers le pays.
Une répression à l'abri des regards? Pendant que les vidéos témoignant de la mobilisation de la rue iranienne se diffusent au compte-goutte malgré la mise sous cloche numérique du pays imposée par le régime, les réactions émergent du côté de l'ONU et de l'UE. Dans un point publié vendredi 9 janvier à 17h heure française, l'observatoire spécialisé NetBlocks a indiqué que la coupure d'Internet à l'échelle de l'Iran était active depuis plus de 24 heures, abaissant la connectivité du pays à 1% de son niveau habituel. La coupure affecte internet, ainsi que les réseaux téléphoniques du pays.
La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a ainsi dénoncé une violence "inacceptable", voyant en la coupure d'internet un signe d'un "régime qui a peur de son peuple". Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Volker Türk, a pour sa part réclamé vendredi une enquête "rapide" et "indépendante" après les morts lors des manifestations qui secouent l'Iran depuis plusieurs jours.
"Je suis profondément perturbé par les informations relatives aux violences lors des manifestations nationales en Iran ces 13 derniers jours, y compris concernant des morts et des destructions de biens", a-t-il déclaré dans un communiqué, réclamant le respect du droit de manifester pacifiquement "inscrit dans le droit international". "Une enquête rapide, indépendante et transparente doit être menée. Les personnes responsables de violations doivent rendre des comptes en accord avec les règles et normes internationales", a-t-il ajouté.
Il s'est d'autre part inquiété de la coupure d'internet dans le pays. "De telles actions sapent la liberté d'expression et l'accès à l'information, et affectent le travail de ceux qui documentent les violations des droits humains, ainsi que l'accès aux services essentiels et d'urgence", a-t-il insisté.
Menaces télévisées
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne "reculerait pas" face à une vague de contestation qui prend de l'ampleur et pose un sérieux défi à la République islamique en place depuis 1979. La télévision d'Etat iranienne a diffusé vendredi des messages menaçant les familles de manifestants, les appelant à "ne pas se plaindre" si leurs enfants sont abattus. Des ONG ont pour leur part accusé les autorités d'avoir ouvert le feu sur des manifestants, faisant des dizaines de morts depuis le début le 28 décembre de la contestation.