Mali : la junte libère quelque 200 jihadistes présumés en échange d'une trève dans les attaques de convois de carburant information fournie par Boursorama avec Media Services 23/03/2026 à 16:54
Depuis 2012, ce pays enclavé du Sahel fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique.
Les autorités maliennes ont libéré environ 200 jihadistes présumés en début de semaine dernière au Mali dans le cadre d'une trêve sur les attaques de convois de carburant qui asphyxient l'économie du pays, a appris l' AFP lundi 23 mars de sources sécuritaire et politique. Dimanche, des sources sécuritaires et politique avaient déjà évoqué ces libérations, parlant de plus d'une centaine de jihadistes remis en liberté.
Depuis septembre dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, attaquent les convois de camions-citernes au Mali, pays enclavé, allant jusqu'à complètement gripper l'économie dans la capitale au plus fort de la crise en octobre. Après plusieurs mois d'accalmie, au début du mois de mars, les Bamakois ont de nouveau été confrontés à une pénurie de gazole, dont les stocks servaient à alimenter les centrales thermiques en priorité.
L'accord conclu en milieu de semaine dernière entre le gouvernement et les jihadistes, juste avant la fête marquant la fin du ramadan, coïncide avec une nette amélioration dans la capitale malienne avec l'arrivée de convois de carburant.
Selon une source sécuritaire malienne consultée par l' AFP lundi, "198 jeunes ont été libérés dans le cadre de l'accord". Un chiffre similaire à celui avancé par un élu local : "201 jeunes accusés d'être des jihadistes ont été libérés", avance cette source, parlant sous couvert d'anonymat en raison du contexte sécuritaire.
Une trève de deux mois
La veille, plusieurs sources avançaient le chiffre de plus d'une centaine de jihadistes présumés libérés contre "l'ouverture d'un corridor" permettant de "laisser passer des convois de camions-citernes".
Cette trêve est censée rester en vigueur jusqu'à la grande fête musulmane de la Tabaski, qui aura lieu fin mai.
Deux jeunes libérés cette semaine "sont morts dans la nuit de dimanche à lundi", a déclaré à l' AFP lundi un représentant d'une association. "Ils étaient, comme sept autres jeunes, très malades" en sortant de prison. Un élu a confirmé le décès de ces deux jihadistes présumés, qui "étaient très affaiblis lors de leur libération".
Depuis 2012, le pays enclavé du Sahel fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que des indépendantistes et des groupes criminels communautaire. Cette crise sécuritaire s'ajoute à une grave crise économique et une immense pauvreté.