Mairie de Limoges incendiée : les deux suspects mis en examen et placés en détention provisoire
information fournie par AFP 24/10/2026 à 12:06

La mairie de Limoges en proie aux flammes le 17 octobre 2026 ( AFP / PASCAL LACHENAUD )

Les deux suspects déférés dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après l'incendie de la mairie de Limoges, pendant la mobilisation du 17 octobre, ont été mis en examen et placés en détention provisoire, a annoncé samedi le parquet.

La procureure de la République de Limoges, Emilie Abrantes, n'a pas précisé les chefs de mise en examen retenus contre chacun des deux suspects, âgés respectivement de 34 ans et 66 ans, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte notamment pour "tentative d'homicide" sur policier et "destruction" de la mairie.

Elle avait indiqué jeudi, dans un précédent communiqué, que les premiers éléments d'enquête avaient justifié l'extension du périmètre de la garde à vue du premier suspect "au chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique". Initialement, l'enquête avait été ouverte pour "dégradation d'un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes" et "menaces de mort" sur les personnes présentes dans la mairie.

Dans ce communiqué, Mme Abrantes avait précisé que le second suspect était placé en garde à vue "du chef de destruction en bande organisée d'un bien par moyen dangereux pour les personnes".

Le premier suspect, un trentenaire originaire de la Creuse décrit par ses proches comme intérimaire dans le bâtiment et défenseur de l'environnement, avait été interpellé mardi matin à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), avec l'appui de l'antenne bordelaise du Raid.

Il est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier lors d'une manifestation passée dans la Creuse, selon les autorités.

Le parquet l'a présenté comme "l'un des suspects" soupçonnés d'avoir pris part samedi dernier à l'incendie volontaire de l'hôtel de ville de Limoges, bâtiment classé inauguré en 1883, en grande partie détruit par les flammes lors des heurts ayant accompagné la mobilisation nationale contre la "vie chère".

Le second suspect, âgé de 66 ans et arrêté jeudi à Gentioux-Pigerolles (Creuse), est également suspecté d'avoir participé à la destruction de la mairie.

Environ 5.000 personnes ont défilé samedi dernier à Limoges, où des éléments radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l'intérieur et mettre le feu, comme le montrent des vidéos diffusées par le journal Le Populaire du Centre.

Mardi, le maire de Limoges Guillaume Guérin (LR) avait qualifié le premier suspect de probable "cerveau" de l'opération, tout en accusant "l'ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau de Millevaches", des terres rurales d'environ 10.000 habitants entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne.

Ce plateau a attiré de longue date une population alternative, dont la réputation radicale nourrit méfiances et tensions.

Dans la région, des actions ont été revendiquées dans le passé, comme l'incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis d'une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021.

En avril, la justice a condamné pour ces faits un septuagénaire domicilié à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), connu "pour ses liens avec le milieu anarchiste" et comme autonomiste basque dans les années 1980, d'après le journal Le Monde. Le trentenaire arrêté mardi dans ce même village est son fils.