Madrid somme Rome de lever ses contrôles frontaliers
information fournie par Reuters 07/08/2026 à 13:41

Traversées massives de migrants à pied et par mer du Maroc vers le territoire espagnol, à Ceuta

Le gouvernement espagnol ‌a menacé vendredi d'imposer des mesures de rétorsion aux voyageurs ​en provenance d'Italie si Rome ne levait pas d'ici dimanche les contrôles frontaliers instaurés à l'encontre de l'Espagne après un ​afflux de migrants sans précédent dans l'enclave nord-africaine de Ceuta.

Dans un communiqué, ​Madrid estime que les mesures ⁠italiennes sont "injustes, contraires aux intérêts de l'Union européenne et ‌discriminatoires à l'égard de la population espagnole".

Le gouvernement espagnol souligne par ailleurs qu'aucun des migrants arrivés ​de manière irrégulière ‌à Ceuta la semaine dernière n'a pu entrer ⁠librement dans l'espace Schengen en vertu des règles migratoires applicables à l'enclave.

Cet afflux massif et soudain a mis à ⁠l'épreuve les autorités ‌de Madrid mais aussi l'Union européenne dans ⁠son ensemble, dont plusieurs membres, comme l'Italie, se sont ‌élevés contre une atteinte à l'intégrité de l'espace ⁠Schengen.

La mesure du gouvernement de Giorgia Meloni, prise ⁠le 31 juillet, ‌a contribué à tendre les relations diplomatiques entre Rome et ​Madrid. Selon certains de ‌ses détracteurs, elle est avant tout symbolique et destinée à satisfaire son opinion ​publique.

La coalition de droite de Giorgia Meloni, arrivée au pouvoir en 2022 avec la promesse de réduire ⁠l'immigration illégale, fait face à une pression croissante du parti d'extrême droite "Futur national" dirigé par l'ancien général Roberto Vannacci, dont le discours anti-immigration rencontre un certain écho auprès d'une partie de l'électorat conservateur.

(Victoria Waldersee; version française Nicolas Delame, édité ​par Sophie Louet)