Made in France et taxes massives : le Haut-commissariat au plan présente ses préconisations pour lutter contre la fast-fashion information fournie par Boursorama avec Media Services 07/01/2026 à 11:37
"Il est encore temps de sauver des enseignes et des emplois", a estimé Clément Beaune, qui veut éviter à l'Europe un surcroît de désindustrialisation.
Taxer "massivement" les habits à leur entrée dans l'Union européenne, encourager la seconde-main et le made in France et penser sur le "long terme". Clément Beaune a dévoilé mercredi 7 janvier les grandes lignes d'une étude sur la fast-fashion du Haut-commissariat à la stratégie et au plan qu'il dirige, et des préconisations pour lutter contre l'arrivée massive de ces produits.
En amont de la publication vendredi de cette note "Fast-fashion : un remède en trompe l’œil au problème du pouvoir d'achat", Cl"ment Beaune a expliqué sur RMC qu'il était finalement "moins cher d'acheter durable" . "Si vous portez votre jean made in France, durable, produit dans de bonnes conditions, tous les jours pendant un an, il (reste) en bon état, alors que celui acheté sur une grande plateforme est détruit", a-t-il observé.
"On a vu qu'une robe est portée en moyenne 4 fois moins (longtemps) quand c'est acheté sur l'ultra fast-fashion, un manteau 8 fois moins, un jean 7 fois moins", a-t-il énuméré, invitant à considérer le "coût par port" du vêtement, plutôt que son coût à l'achat.
TVA réduite sur la seconde main ?
Il a aussi estimé qu'il fallait "encourager la filière seconde main et réparation" , suggérant une TVA réduite sur ces activités.
Par ailleurs, M. Beaune a prôné "une taxe massive" à l'entrée de ces produits dans l'Union européenne, "pour un coup d'arrêt à la déferlante de ces plateformes : il ne faut pas qu'on revive ce qu'on a vécu il y a 25 ans en France et partout en Europe avec la désindustrialisation , terme chic pour dire qu'on a fermé des usines partout".
Pour lui, "il est encore temps de sauver des enseignes et des emplois". Il a reconnu que "parfois il y aura un débat avec le pouvoir d'achat". Mais "notre boulot, c'est aussi de penser long terme", a-t-il fait valoir.
L'étude propose aussi la mise en place d'un écochèque, sur un mode déjà pratiqué en Belgique pour favoriser l'achat de produits et services à caractère écologique. "C'est comme les chèques-vacances en quelque sorte, les entreprises, de manière volontaire, pourraient verser un complément de revenu sous forme de chèque pour acheter des vêtements durables, produits en France ou en Europe, sans charge et sans cotisation" pour l'employeur, a expliqué le Haut-commissaire.