Macron évoque la situation au Liban avec le pape Léon XIV
information fournie par Reuters 10/04/2026 à 18:09

Le président français Emmanuel Macron rencontre le pape Léon XIV au Vatican

par Elizabeth Pineau

La situation au Liban, où ‌la population civile paye un lourd tribut à l'offensive d'Israël contre le Hezbollah, a été évoquée vendredi lors d'un entretien entre le ​président français Emmanuel Macron et le pape Léon XIV au Vatican.

Les deux dirigeants ont discuté en tête-à-tête, en anglais, pendant une heure à l'occasion de la première visite officielle du chef de l'Etat français depuis le début du pontificat du premier pape américain ​de l'Histoire, qui a succédé en mai 2025 au pape François.

Évoquant la situation au Moyen-Orient, ils ont souligné "la nécessité de parvenir à la désescalade et d’inclure le Liban dans ​le cessez-le-feu", a fait savoir l'Élysée dans un communiqué qui évoque ⁠également "la protection des chrétiens d’Orient".

La sœur Mariam an Nour, directrice du Carmel Saint-Joseph de Mechref, près de Beyrouth, "qui accueille ‌des enfants de toutes les confessions au Liban et les forme en français à la tolérance et au vivre-ensemble", selon les termes de l'Élysée, faisait partie de la délégation française.

Dans son compte rendu, le Vatican ​évoque un échange "sur les situations de conflit dans ‌le monde, et l'espoir que la coexistence pacifique puisse être rétablie par le dialogue et ⁠la négociation".

Le pape, qui s'est rendu au Liban en décembre, a appelé pendant les fêtes de Pâques "ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres" à "choisir la paix".

Dans ses nombreux messages de paix, Léon XIV a interpellé le président américain, Donald Trump, invité à "chercher ⁠une porte de sortie" ‌à l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février contre l'Iran.

NE PAS LAISSER LE LIBAN "SEUL"

Outre le souverain pontife, Emmanuel Macron ⁠a rencontré au Vatican des responsables du Saint-Siège comme le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, et Mgr Paul Gallagher, ‌secrétaire pour les relations avec les États.

Le président a entamé jeudi soir sa cinquième visite dans le plus ⁠petit Etat du monde par des entretiens avec des responsables de la communauté Sant'Egidio, dont ⁠son fondateur Andrea Riccardi. Créée en ‌1968, cette communauté chrétienne a conduit plusieurs médiations dans des conflits internationaux.

"Le Liban, malgré ses crises, est un modèle de cohabitation. Il ​ne faut pas détruire l'autre mais vivre avec", a déclaré Andrea ‌Riccardi à la presse après cet entretien. "Il faut soutenir le président (libanais Michel) Aoun dans son action mais ne pas le laisser seul."

Le pape entame la semaine ​prochaine en Algérie une tournée africaine de dix jours qui le conduira également au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.

Après son entretien avec le président, le pape a rencontré la première dame de France, Brigitte Macron, et la délégation française ⁠où figurait notamment la jeune religieuse très présente sur les réseaux sociaux sœur Albertine, le président de la Fondation des apprentis d'Auteuil, Jean-Marc Sauvé, et le directeur de l'Institut français du patrimoine, Charles Personnaz.

La rencontre a été l'occasion d'offrir au pape des cadeaux parmi lesquels un maillot de l'équipe de France masculine de basket-ball dédicacé par les joueurs - sport dont le souverain pontife natif de Chicago est friand - et un livre sur la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, théâtre d'un incendie en 2019.

(Reportage Elizabeth Pineau, ​avec Joshua McElwee, édité par Sophie Louet)