Macron dénonce un "dysfonctionnement" et des "failles" de la justice dans l'affaire Lyhanna information fournie par Reuters 05/06/2026 à 13:09
Le président Emmanuel Macron a dénoncé vendredi un "dysfonctionnement" et des "failles" de la justice dans l'affaire de la disparition d'une collégienne de 11 ans, Lyhanna, pour laquelle l'enquête a révélé que le principal suspect était déjà visé par plusieurs plaintes et signalements, notamment pour viols.
La jeune fille a disparu il y a une semaine, le 29 mai, à Fleurance, dans le Gers. Un corps a été retrouvé jeudi, "porteur de vêtements similaires" à ceux de Lyhanna lors de sa disparition, a indiqué le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet.
Le corps est en cours d'identification.
Une homme âgé de 41 ans, dont Lyhanna connaissait la fille, a été mis en examen et placé en détention pour enlèvement et séquestration. Lyhanna avait été vue pour la dernière fois dans la voiture de ce dernier.
L'enquête a révélé que le principal suspect était déjà visé par trois procédures judiciaires avant la disparition de Lyhanna, notamment une plainte datant de 2022 pour viol sur mineure de 15 ans - classée sans suite en 2024 - et une autre plainte pour viol déposée en août 2025 pour laquelle le suspect n'avait pas encore été entendu par la justice.
Une autre plainte pour viol sur mineur a été déposée mercredi, a fait savoir la procureure de la République d'Auch Clémence Meyer.
L'affaire a pris un tour politique face à la vague de critiques concernant d'éventuels dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour viols accusant le suspect.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni vendredi dans la matinée le ministre de la Justice Gérald Darmanin et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez pour faire un "point de situation" sur cette affaire.
"Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement", a réagi vendredi Emmanuel Macron depuis le Monténégro où il assiste à un sommet UE-Balkans occidentaux. "Nous ne pouvons pas ne pas voir que des failles se sont révélées. Il faut maintenant les clarifier."
Le chef de l'Etat a évoqué des enquêtes "très rapides" afin de pouvoir "clarifier les responsabilités qui sont à l'oeuvre".
"Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû se passer. C'est une évidence. Et c'est inacceptable", a jugé Emmanuel Macron, se disant "choqué par ce qui s'est passé."
Gérald Darmanin, qui s'exprimera dans la soirée au JT de TF1, avait déjà évoqué jeudi dans le cadre de cette affaire un "dysfonctionnement qui est révélateur, je crois, de notre mauvaise organisation".
(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Benoit Van Overstraeten)