Macron décrit devant l'Onu la diplomatie pour Gaza comme un "spectacle de honte"
information fournie par Reuters 23/09/2026 à 06:59

81e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York

par John Irish

Emmanuel Macron a rejeté ‌mardi l'idée selon laquelle la guerre dans la bande de Gaza avait pris fin, comme revendiqué par ​le président américain Donald Trump, déclarant qu'aucune voie humanitaire n'avait été rouverte dans l'enclave palestinienne depuis l'annonce à l'automne dernier d'une "paix prétendue".

A la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, où il effectuait son ultime ​discours avant la fin de son mandat à l'Elysée l'an prochain, le président français a décrit la situation à Gaza comme un ​spectacle faisant "honte à tous", alors même que son homologue ⁠américain s'est targué quelques heures plus tôt, au même endroit, d'un triomphe diplomatique avec son plan ‌de paix entre Israël et le Hamas palestinien.

"Il y a un an, ici même, nous étions une douzaine d'Etats à reconnaître la Palestine", a dit Emmanuel Macron. ​J'entends le cynisme de certains: 'reconnaissance de ‌papier, regardez la réalité'. Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de ⁠rester inactifs face à Gaza ?", a-t-il poursuivi.

"Certains se flattent d'une paix prétendue, mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ?".

La Maison ⁠blanche n'a pas répondu ‌dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Emmanuel Macron a été critiqué par certains ⁠politiciens et activistes en France pour avoir peu agi depuis qu'il a annoncé en septembre 2025 la ‌reconnaissance d'un Etat palestinien.

Alors que les liens entre la France et Israël se sont particulièrement ⁠tendus au cours de l'année écoulée, Paris a durci sa position à ⁠l'égard des violences commises par ‌les colons juifs contre les palestiniens en Cisjordanie occupée, en annonçant notamment ce mois-ci, avec d'autres pays, ​des restrictions commerciales visant les colonies en Cisjordanie.

"Regardez ce ‌qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites, au nom de quoi ? Le Hamas n'a jamais sévi ​en Cisjordanie", a dit mardi le président français.

Cela, a-t-il ajouté, vient "construire chaque jour l'impossibilité d'un projet, qui est le respect des droits légitimes du peuple palestinien à exister" ainsi que "les conditions mêmes ⁠de la sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël et son peuple - sécurité à laquelle nous sommes attachés, existence à laquelle nous sommes attachés".

"Tous ceux qui prétendent que la sécurité d'Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins font une erreur funeste, affaiblissent la sécurité d'Israël pour aujourd'hui et pour demain, et la menacent", a déclaré Emmanuel Macron.

(Reportage de John Irish, avec la contribution de ​Steve Holland; version française Jean Terzian)