Macron comprend les "colères" lycéennes mais condamne les violences
information fournie par Reuters 30/09/2026 à 15:44

Des lycéens français manifestent à Paris

Emmanuel Macron a dit mercredi comprendre "les angoisses" et ‌les "colères" de la jeunesse française tout en condamnant les violences qui émaillent la mobilisation des lycéens à Paris et ​dans plusieurs villes de province.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi 440 interpellations, principalement de mineurs, en marge des rassemblements et blocages qui se multiplient depuis le 21 septembre devant les lycées.

Les élèves qui manifestent, avec l'appui notamment de ​l'Union syndicale lycéenne (USL), dénoncent une dégradation des conditions d'apprentissage, avec notamment des classes surchargées et un manque de professeurs.

Parti de l'académie de Créteil (Val-de-Marne), le mouvement ​de contestation gagne chaque jour en importance, avec des violences ⁠par endroit, prenant de court le gouvernement qui jugent "légitimes" certaines revendications tout en condamnant son instrumentalisation politique ‌par La France insoumise (LFI) et le recours à la violence.

"Je comprends les angoisses, parfois les colères que notre jeunesse peut avoir", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse commune ​à Madrid avec le président du gouvernement ‌espagnol Pedro Sanchez.

"Par contre, aucun de ces débats ou de ces craintes ne ⁠légitime la violence", a-t-il poursuivi, dénonçant l'attitude "inacceptable" des responsables politiques - sans les nommer - qui viennent "devant les lycées pour exciter les élèves".

"CONVERGENCE DES LUTTES"

"Ils ont été élus de manière calme, dans un cadre organisé, et ils ne sont pas là ⁠pour agiter les peurs ‌et faire commettre le pire", a-t-il insisté. Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, est ⁠notamment pointé du doigt par l'exécutif pour avoir déclaré mardi, devant le lycée Paul-Eluard de sa ville, que la ‌violence "peut être légitime" mais qu'à "chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux".

La région Ile-de-France a fait état ⁠de 75 lycées "perturbés", dont 36 sont le "théâtre de violences, d'affrontements et de dégradations".

"Le droit ⁠de manifester, c'est une liberté ‌fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c'est non", a réagi mercredi matin sur RTL le ​ministre de l'Education nationale.

Edouard Geffray a précisé que 76 personnes - ‌élèves ou personnels - avaient été blessées depuis le début du mouvement.

Le ministre a réaffirmé que les revendications portées par les manifestants étaient "légitimes" et devaient "être ​entendues et écoutées", mais que la violence n'avait aucune légitimité.

Le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, s'est dit prêt sur RTL à rencontrer le ministre.

"Nous allons lui demander plusieurs mesures, notamment pour remédier à la ⁠surcharge des emplois du temps scolaire et des classes où on peut se retrouver à 32 ou 36, ce qui est énorme", a-t-il notamment indiqué.

La situation actuelle, a-t-il affirmé, est "la conséquence d'une violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans". Le premier mandat d'Emmanuel Macron a débuté en mai 2017.

L'USL dit croire en une "convergence des luttes" avec l'Union étudiante, qui appelle pour sa part à des manifestations et des blocages d'universités mardi ​prochain.

(Sophie Louet, édité par Benjamin Mallet)