Macron appelle les forces politiques à lever toute "ambiguïté" face à la violence
information fournie par Reuters 19/02/2026 à 14:13

Retraite informelle des dirigeants de l'Union européenne au château d'Alden Biesen à Bruxelles

Emmanuel Macron est intervenu jeudi pour la première fois ‌publiquement dans le débat virulent qui agite la classe politique française après la mort d'un militant identitaire imputée à l'extrême ​gauche en appelant les partis et leurs responsables à lever toute "ambiguïté" sur le recours à la violence.

Une semaine après l'agression de Quentin Duranque, 23 ans, en marge d'une conférence de l'eurodéputée (La France insoumise) Rima Hassan à Sciences-Po Lyon, onze personnes ​liées à la mouvance de l'ultra-gauche étaient entendues pour leur rôle présumé dans la mort de ce militant du collectif d'extrême droite Némésis, décédé à l'hôpital ​le 14 février.

Parmi elles, deux assistants de Raphaël Arnault, député ⁠LFI du Vaucluse et fondateur en 2018 du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, dissous par les autorités en ‌juin 2025.

Une enquête criminelle a été ouverte du chef d'"homicide volontaire". Le procureur de Lyon devait donner une conférence de presse à 17h00 (16h00 GMT) et annoncer d'éventuels défèrements.

Le gouvernement et les oppositions ​de gauche et de droite ont mis ‌en cause la culture de la "conflictualité" du chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, ⁠accusé d'entretenir une ambiguïté envers les "camarades" de la Jeune Garde, qu'il présentait ainsi en 2025.

"Il y a la justice (...) qui va passer mais il y a aussi une responsabilité de tous ceux qui légitiment l'action de groupes violents", a réagi ⁠le chef de l'Etat devant ‌des journalistes en marge de sa visite officielle en Inde.

"JE NE CROIS PAS À L'ÉMEUTE PERMANENTE"

"Tous ⁠les partis politiques qui, à un moment ou un autre, justifient en leur sein ou à leur périphérie des ‌mouvements qui pratiquent la violence sous prétexte que la République ne ferait pas assez ceci ou cela, ⁠commettent à chaque fois une faute grave", a-t-il souligné, désignant à la fois l'extrême ⁠gauche et l'extrême droite sans ‌jamais citer de formation.

Reprenant l'expression du Premier ministre Sébastien Lecornu, il a invité les partis à faire "le ménage" dans leurs ​rangs, une référence implicite à Raphaël Arnault, qui avait été ‌condamné en 2022 à quatre mois de prison avec sursis pour violences en marge d'une manifestation d'extrême droite à Lyon.

A l'approche des élections municipales ​des 15 et 22 mars, Emmanuel Macron a estimé que la classe politique française était à "un moment de responsabilité" et qu'elle devait appeler au calme : "Quiconque veut défendre ses idées, aller aux urnes, convaincre n'a pas le droit d'utiliser ⁠la violence."

"Quelque responsable politique, quelque parti politique, qui est ambigu avec des mouvements violents, qui est ambigu avec des groupes qui pratiquent la violence, porte une responsabilité gravissime", a-t-il martelé.

"Je les appelle tous à la responsabilité, à lever ces ambiguïtés, à interdire eux-mêmes tous les groupes qui en leur sein, pratiquent cette violence, à les fermer", a dit Emmanuel Macron.

"Les opinions ne justifient pas de tuer un jeune homme. (...) Je ne crois pas à l'émeute permanente. La République, ça n'est ​pas ça."

(Sophie Louet, avec Bertrand Boucey)