Lycéens: le PS va déposer une proposition de loi contre les armes mutilantes
information fournie par AFP 06/10/2026 à 10:25

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Boris Vallaud, le 28 août 2026 à Blois ( AFP / ALAIN JOCARD )

Le chef des députés socialistes à l'Assemblée, Boris Vallaud, a annoncé mardi que son groupe allait déposer une proposition de loi pour que face à des manifestations impliquant des mineurs, les forces de l'ordre ne puissent plus utiliser d'armes mutilantes ou de "pratiques brutales".

"Nous déposerons une proposition de loi pour que lorsqu'il s'agit de manifestations lycéennes, avec une majorité de mineurs (...), il n'y ait pas d'utilisation de grenades de désencerclement, de LBD (lanceur de balle de défense, NDLR) ou de pratiques brutales comme l'étranglement", a expliqué le député des Landes sur RMC.

Alors que le mouvement lycéen, accompagné de nombreuses violences, ne faiblit pas, plusieurs jeunes ont été blessés à la suite d'interventions des forces de l'ordre. Un lycéen de 15 ans a notamment eu la main arrachée par une grenade policière lundi à Lens.

Dix enquêtes ont été ouvertes par l'inspection générale de la police nationale depuis le début du mouvement mi-septembre.

Rappelant que parmi les jeunes interpellés, "85%" étaient mineurs, Boris Vallaud a réclamé "une réponse d'abord éducative". Or, a-t-il observé, "la cellule de crise face au mouvement des lycéens s'organise place Beauvau et pas rue de Grenelle", c'est-à-dire au ministère de l'Intérieur et non à celui de de l'Éducation.

Parallèlement à cette initiative parlementaire, une pétition a été déposée sur le site de l'Assemblée nationale contre "une réponse sécuritaire totalement disproportionnée".

Les quelque 8.000 premiers signataires y demandent "l'interdiction des gestes d'immobilisation à risque d'asphyxie: plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), clés d'étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), pliage corporel (compression du buste vers les genoux)".

Ils réclament également "le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement" et "les pistolets à impulsion électrique (Taser)".

Laurent Nuñez avait indiqué ces derniers jours sur TF1 qu'il n'y avait "aucune consigne de retenue (en direction des forces de l'ordre) et aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement intermédiaire à disposition".

"Quand vous voyez des policiers harnachés comme s'il y avait une guerre (...). Comment est-ce qu'un ministre de l'Intérieur a pu perdre autant la maîtrise de la doctrine du maintien de l'ordre ?", s'est interrogée la candidate à la primaire sociale-démocrate Ségolène Royal (PS) sur franceinfo.