"Lycéens en colère, parents derrière" : un collectif d'adultes mobilisés à Lyon
information fournie par AFP 06/10/2026 à 17:30

Des parents d'élèves manifestent aux côtés des lycéens à Lyon, devant le lycée Ampère à Lyon, le 6 octobre 2026 ( AFP / Olivier CHASSIGNOLE )

Brassard blanc au bras, une poignée de parents d'élèves assure une présence rassurante devant un lycée lyonnais. Plus tard, dans le cortège de manifestants, des syndicalistes jouent aussi le rôle de protecteurs des jeunes manifestants.

"On est un peu le cordon de sécurité en tant qu'adultes", explique à l'AFP Sandrine Buteau, membre du collectif "Parents présents", créé en urgence dimanche à Lyon et qui revendique déjà 150 membres mobilisables sur une boucle WhatsApp.

Mardi matin, une dizaine de ces volontaires se sont retrouvés devant le collège-lycée Ampère, dans le centre de Lyon, gardant un œil sur les élèves juchés sur des bennes ou tenant à la main des fumigènes.

Le mouvement de blocage des lycées entamé la semaine dernière est "plutôt dangereux pour eux", regrette Arnaud, père d'un élève de première engagé dans la mobilisation.

Depuis le 28 septembre, 215 élèves ont été blessés, "l'immense majorité", "dans le cadre d'accidents" ou "par le fait d'autres individus extérieurs", selon le gouvernement.

Mais certains ont été grièvement blessés -- main arrachée, perte de l'usage d'un œil, dents cassées -- à la suite d'interventions des forces de l'ordre face aux violences des casseurs.

La semaine dernière, Arnaud était donc déjà venu aux abords du lycée Ampère, avec d'autres parents, pour "faire la transmission d'informations entre la police et les jeunes" et essayer de "canaliser" ces derniers.

"Intimidés"

"Au niveau de la sécurité et de la police, beaucoup de lycéens sont dans un état catastrophique", traumatisés par les violences, constate Karima, membre du collectif.

Geneviève, en classe de seconde, avoue craindre pour sa sécurité au vu de certaines actions des forces de l'ordre. "Oui, on a peur mais si on se laisse intimider, plus personne ne sera là", déclare-t-elle.

Des élèves manifestent devant le lycée Ampère bloqué, à Lyon, le 1er octobre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La semaine dernière, Sandrine Buteau explique avoir dû s'interposer entre des "lycéens qui manifestaient pacifiquement" et un "groupe tout habillé de noir, cagoulé".

Mais mardi, aux abords du lycée Ampère, l'ambiance reste calme. Aucun casseur, ni policier en vue.

Les "Parents présents" en profitent pour afficher leur soutien aux élèves. "Lycéens en colère, parents derrière", peut-on lire sur leurs pancartes.

Adam, en classe de terminale, est "très content d'avoir toutes ces personnes qui sont là pour que tout se déroule bien".

En milieu de matinée, ils partent ensemble pour l'acte III du mouvement lycéen : une grande manifestation soutenue par une intersyndicale de l'Education nationale.

"Responsabilité"

A Lyon, plusieurs parents se sont glissés dans le cortège de 20.000 personnes. "On est venu pour soutenir les lycéens voire les protéger parce qu'on a vu les débordements", déclare Anne-Judith Doyen, 57 ans.

"La répression donne une mauvaise image de la France à l'étranger", ajoute Aurore Voeltzel, 48 ans.

Les services d'ordre des syndicats, aguerris à l'exercice, assurent là encore une présence apaisante.

Des lycéens manifestent à Lyon, le 6 octobre 2026 ( AFP / Olivier CHASSIGNOLE )

Face aux quelques individus masqués et cagoulés, manifestement venus pour en découdre avec les forces de l'ordre, ils assurent un gros travail en formant des cordons pour les tenir à l'écart, a constaté une journaliste de l'AFP.

"On a déclaré la manifestation en préfecture, donc on a la responsabilité" de son bon déroulement, explique Rindala Younes, secrétaire académique du SNES et professeure de français à Lyon.

"Les revendications des lycéens sont légitimes et construites", poursuit-elle : "on voulait qu'ils puissent porter le message de façon pacifique".