Lula et Flavio Bolsonaro partent à la conquête du vote des femmes au Brésil
information fournie par AFP 16/08/2026 à 22:49

Le président brésilien Lula (d), candidat à sa réélection, et son épouse Rosangela da Silva lors du lancement de la campagne du leader de gauche, à Sao Bernardo do Campo (sud-est), le 16 août 2026 ( AFP / Miguel SCHINCARIOL )

Le président brésilien de gauche Lula et son rival de droite Flavio Bolsonaro ont lancé dimanche leur campagne en s'adressant à un électorat qui peut décider d'un scrutin qui s'annonce serré : les femmes.

La campagne pour l'élection du 4 octobre s'ouvre aussi sous l'ombre du président américain Donald Trump. Il a infligé des droits de douane à la première économie d'Amérique latine et appuyé des candidats conservateurs victorieux dans la région.

Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, brigue un quatrième mandat face au fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, détenu pour tentative de coup d'Etat.

Lula a lancé sa dernière campagne par un meeting à Sao Bernardo do Campo, dans l'État de Sao Paulo (sud-est).

C'est là que l'ouvrier métallurgiste devenu syndicaliste avait commencé sa carrière nationale en s'adressant à des foules immenses dans les années 1970 et en lançant de grandes grèves, en pleine dictature militaire.

Dans le stade aux couleurs rouges de son Parti des travailleurs (PT), environ 40.000 personnes étaient présentes, selon les organisateurs.

"J'étais ici en 1979. Lula s'est imposé comme leader avec un discours pour lequel il n'avait même pas de micro, nous faisions circuler ses paroles de bouche à oreille jusqu'au dernier camarade", a déclaré à l'AFP Luiz Turco, ancien compagnon au syndicat des métallurgistes.

M. Turco portait un chapeau panama identique à celui du leader du PT, opéré à la tête d'un cancer de la peau il y a quelques mois.

"Nous sommes la majorité"

Le chef historique de la gauche est revenu au pouvoir en 2023, après avoir été emprisonné à la suite d'une condamnation pour corruption finalement annulée.

Les hommes doivent "apprendre dès l'enfance qu'un homme n'est pas meilleur qu'une femme. Ils doivent apprendre que nous sommes égaux", a‑t‑il exhorté.

Le président brésilien Lula, candidat à sa réélection, s'adresse à ses soutiens dans un stade à Sao Bernardo do Campo (sud-est), le 16 août 2026 ( AFP / Miguel SCHINCARIOL )

S'adressant à son mari en l'appelant "mon amour", la première dame Rosangela da Silva, dite "Janja", a chanté une chanson à sa gloire avant de l'enlacer. "Nous sommes majoritaires et nous allons te réélire", a promis cette féministe.

Les femmes représentent 53% des 158 millions d'électeurs au Brésil et ont contribué à la courte victoire de Lula en 2022. Le niveau record des féminicides s'est imposé dans le débat public.

Un sondage de l'institut Quaest crédite le président sortant de 43% d'intentions de vote, contre 40% au fils Bolsonaro dans un probable second tour.

Face aux droits de douane imposés par Donald Trump, allié de la famille Bolsonaro, Lula se pose en défenseur de la "souveraineté" brésilienne.

"Le fils de Pelé"

Flavio Bolsonaro, candidat à l'élection présidentielle au Brésil, lors du lancement de sa campagne, à Rio de Janeiro, le 16 août 2026 ( AFP / MAURO PIMENTEL )

Le sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, a été propulsé dans la course après l'incarcération de son père pour une tentative de coup d'État contre Lula, à la suite de sa défaite lors de l'élection de 2022.

Il se présente comme une version "plus modérée" de son tempétueux géniteur, tout en capitalisant sur la popularité de ce dernier.

"Je sais que je lui ressemble. Mais il est difficile de comparer le fils de Pelé à Pelé", a dit Flavio Bolsonaro dimanche.

Il portait un maillot de la sélection brésilienne, comme son père en portait souvent, sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro.

Vue aérienne du meeting du candidat à la présidentielle brésilienne Falvio Bolsonaro sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 16 août 2026 ( AFP / MAURO PIMENTEL )

Quelque 9.000 personnes ont répondu à son appel, selon une estimation de chercheurs de l'Université de Sao Paulo - loin des rassemblements de masse auxquels Jair Bolsonaro avait l'habitude de convoquer au même endroit.

Interrogé par l'AFP sur la participation, son Parti libéral (PL) n'a pas donné suite.

"Le Brésil va gagner parce que je vais protéger les femmes de ce pays. Parce que les agresseurs, les violeurs de femmes et d'enfants iront en prison et ne sortiront qu'après avoir subi une castration chimique", a affirmé Flavio Bolsonaro au côté de son épouse Fernanda.

Le candidat du PL promeut une ligne dure contre la criminalité. La violence est la principale préoccupation des électeurs, très loin devant l'économie. Sur la défensive dans ce domaine, Lula a aussi promis dimanche d'agir fermement contre les gangs.

"Moi, j'aimerais bien avoir Jair dans les urnes. Comme Jair n'est pas là, je vote pour Flavio. Lui aussi est contre Lula, c'est un vote de protestation", a déclaré Marco Antonio da Rosa, un étudiant en droit de 21 ans.