LMB cédé aux Américains: il faudrait 18 mois pour recréer les activités en France
information fournie par Boursorama avec AFP 04/02/2026 à 12:33

Le délégué général pour l'armement Patrick Pailloux à Toulon, le 22 janvier 2026. ( AFP / THIBAUD MORITZ )

Le délégué général pour l'armement a reconnu mercredi qu'il faudrait 18 mois pour recréer une chaîne de fabrication de ventilateurs pour les Rafale et les sous-marins comme ceux du Français LMB tout en assurant avoir reçu des engagements de la part du repreneur américain.

"On a fait un travail clinique sur les ventilateurs (...) On en a besoin. À l'instant T, s'ils venaient à nous manquer, cela poserait probablement un problème", a déclaré Patrick Pailloux au cours d'une rencontre avec la presse.

Le temps nécessaire pour recréer une chaîne de fabrication est "de l'ordre de 18 mois" et donc "il suffit d'avoir des stocks de 18 mois" de ces pièces, a-t-il ajouté.

"On a obtenu des engagements de la part de Loar", entreprise américaine qui a acquis LMB Aerospace, a-t-il ajouté.

La vente à l'Américain Loar Group de LMB Aerospace, qui fabrique des ventilateurs pour les Rafale, les sous-marins lanceurs d'engin, le char Leclerc et le porte-avions Charles de Gaulle a suscité des protestations à droite comme à gauche.

Comme le ministre de l'Economie Roland Lescure, Patrick Pailloux a défendu la nécessité d'investissements étrangers dans la défense.

"On a fait une négociation serrée avec Bercy (...), on l'a faite ensemble", a-t-il insisté alors que la Lettre, média qui a révélé cette opération, avait affirmé qu'elle avait été menée sans l'accord de la Direction générale d'armement.

Selon Roland Lescure, l'Etat aura une "golden share", soit une action préférentielle au capital de LMB, ce qui veut dire que "toute décision stratégique pourra être bloquée par l'Etat" français.

"On n'a pas trouvé ni repreneur français, ni repreneur européen, et sincèrement je le regrette", a-t-il déclaré mardi aux cours des auditions parlementaires, précisant que la production serait maintenue en Corrèze, où se situe le siège social de l'entreprise.

Interrogée par les députés, la ministre des Armées Catherine Vautrin a rappelé que LMB Aerospace avait été créée en 1917 et qu'elle avait connu "quatre nationalités en l'espace d'un siècle": belge puis française avant d'être américaine et enfin de redevenir française en 2012.

Son PDG Thomas Bernard s'est installé aux Etats-Unis en 2016 pour développer le marché nord-américain de l'entreprise.