Liban: touché par une frappe israélienne, le Hezbollah appelle à la "résistance"
information fournie par AFP 21/02/2026 à 17:44

Des personnes rassemblées pour la cérémonie de funérailles le 21 février 2026 de membres du Hezbollah, au lendemain de leur mort dans une frappe militaire israélienne à Baalbek, dans la vallée de la Bekaa ( AFP / - )

Le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Les bombardements israéliens sont réguliers dans le pays, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah. L'armée israélienne dit y viser le mouvement pro-iranien, qu'elle accuse de se réarmer, et son allié palestinien du Hamas.

Selon Mahmoud Qamati, vice-président du bureau politique du Hezbollah, "ce qui s'est passé" vendredi dans la vallée de la Bekaa "est une nouvelle agression, dépassant tous les niveaux précédents".

"Quelle autre option avons-nous à part la résistance ? Nous n'en avons pas d'autre", a-t-il ajouté dans un discours prononcé à Beyrouth et diffusé par la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un bulldozer déblayer les décombres ainsi qu'un immeuble gravement endommagé dans la zone résidentielle visée où, selon une source au sein de l'organisation, les membres tués étaient réunis.

Des funérailles ont été organisées dans la ville voisine de Baalbek pour deux d'entre eux, dont le commandant Hussein Mohammad Yaghi. Des centaines de personnes étaient présentes, brandissant des drapeaux du Hezbollah et scandant des slogans en sa faveur.

- "Agression flagrante" -

Cette frappe est intervenue quelques heures après une autre attaque israélienne, cette fois contre le plus grand camp de réfugiés palestiniens du pays, à Ain el-Héloué (sud), qui a fait deux morts, selon le ministère de la Santé libanais.

Concernant les deux raids, l'armée israélienne a affirmé avoir visé des "centres de commandement" du Hezbollah et du Hamas.

Le mouvement palestinien a condamné une attaque qui a tué et blessé "des civils", et soutenu que le bâtiment visé n'était pas un de ses centres de commandement mais appartenait à la force chargée de la sécurité du camp.

Dans un communiqué, le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une "agression flagrante visant à mettre à mal les efforts diplomatiques" du Liban et de "pays amis" pour "la stabilité et l'arrêt des hostilités israéliennes" contre lui.

Mais le député du Hezbollah, Rami Abou Hamdane, a appelé les autorités à agir. Le mouvement "n'acceptera pas qu'elles se comportent en simples analystes politiques, faisant peu de cas de frappes israéliennes auxquelles nous nous sommes habitués", a-t-il lancé.

Il a exhorté le gouvernement à suspendre les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu - auquel participent les Etats-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies -, "jusqu'à ce que l'ennemi arrête ses attaques". Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine.

- Désarmer le Hezbollah -

Mardi doit par ailleurs se tenir au Caire une réunion pour préparer la prochaine conférence visant à lever des fonds pour renforcer les forces armées et les forces de sécurité intérieure libanaises, à Paris début mars.

Des personnes endeuillées portent deux cercueils le 21 février 2026, au lendemain d'une frappe israélienne sur le camp de réfugiés palestiniens de Ain al-Héloué ( AFP / Mahmoud ZAYYAT )

Cette aide est jugée fondamentale au moment où l'armée libanaise, qui manque de moyens financiers et d'équipement, cherche à désarmer le Hezbollah, sorti affaibli en novembre 2024 d'un an de conflit avec Israël.

Elle avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase du plan de désarmement, qui couvrait la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

La deuxième phase concerne une zone située au nord du fleuve et doit être mise en oeuvre au cours d'une période de quatre mois, éventuellement renouvelable, mais le Hezbollah refuse d'y remettre ses armes.

Plus de 370 personnes ont été tuées dans des raids israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP fondé sur les données des autorités libanaises.