Liban-Réunion de responsables militaires à Paris pour réfléchir à l'après-Finul information fournie par Reuters 17/09/2026 à 15:02
par John Irish
Des responsables européens et arabes se sont réunis jeudi à Paris pour évaluer les besoins des Forces armées libanaises et discuter de la fin imminente de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Liban, alors qu'une nouvelle campagne militaire israélienne dans le sud du pays est redoutée.
Israël et le Liban ont mené plusieurs cycles de pourparlers sous l'égide des États-Unis visant à apaiser les tensions le long de leur frontière, mais l'approche des élections en Israël et aux États-Unis pourrait empêcher toute percée dans les discussions, selon des diplomates.
Les pourparlers organisés jeudi étaient placés sous l'égide du président français Emmanuel Macron, de son homologue libanais Joseph Aoun et du roi Abdallah de Jordanie, tous deux en visite à Paris. Ces discussions ne s’inscrivent pas officiellement dans le cadre des efforts de Washington.
Les États-Unis ont été toutefois représentés jeudi à Paris par un haut responsable militaire chargé des questions de sécurité au Moyen-Orient.
Israël et le Liban, avec la médiation des États-Unis, se sont mis d’accord sur un accord-cadre prévoyant le retrait progressif des troupes israéliennes du sud du Liban à mesure que les autorités libanaises désarment le Hezbollah et se déploient dans la région.
Les responsables et diplomates réunis à Paris entendent évaluer les besoins militaires et financiers précis du Liban en vue d’une conférence des donateurs qui devrait se tenir fin 2026 ou début 2027.
NOUVELLE MISSION INTERNATIONALE ?
Leur préoccupation immédiate est notamment de savoir comment combler le vide sécuritaire qui pourrait se créer lorsque la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) commencera à réduire ses effectifs de 7.500 membres à partir de janvier, au terme de son mandat.
Bien que Paris et Beyrouth soient tous deux favorables à une prolongation du mandat des Nations unies au Liban, ni les États-Unis ni Israël n’ont manifesté leur soutien à la poursuite de la mission, établie en 1978.
Les responsables réunis à Paris ont notamment discuté des options concernant une nouvelle mission internationale, soutenue par la France et l'Italie, opérant en dehors d'un mandat des Nations unies, ainsi que d'une éventuelle mission dirigée par l'Union européenne.
Ces deux initiatives seraient axées sur la formation, l’équipement, le partage de renseignements et l’accompagnement des Forces armées libanaises.
"Les modalités de cette action internationale ou multinationale restent à définir, ne serait-ce que parce que les Libanais n'ont pas exprimé de demandes coïncidant avec en particulier les exigences américaines au Conseil de sécurité, (et) parce qu'il nous faut encore calibrer les modalités de cette présence et être tout à fait clairs sur le mandat", déclare-t-on au sein de la présidence française.
Des frappes israéliennes sur une ville du sud du Liban ont tué au moins 13 personnes, dont six enfants, lundi, selon le ministère libanais de la Santé, soulignant la fragilité de la situation dans le pays.
Les craintes d’une reprise de la campagne militaire israélienne s'avivent au Liban après plusieurs jours de frappes, en dépit du cessez-le-feu conclu en juin dernier.
(Rédigé par John Irish; version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)