Liban-Israël veut mettre en place une "zone de sécurité" jusqu'au Litani information fournie par Reuters 24/03/2026 à 12:22
par Alexander Cornwell et Maya Gebeily
L'armée israélienne va occuper dans le sud du Liban une "zone de sécurité" s'étendant jusqu'au fleuve Litani, une trentaine de kilomètres au nord de la frontière avec Israël, a annoncé mardi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
C'est la première fois depuis la reprise des affrontements entre Israël et le Hezbollah libanais le 2 mars dernier que l'Etat hébreu énonce aussi clairement sa volonté de s'emparer de ce territoire, qui représente près d'un dixième de la superficie du Liban.
Israël Katz avait déjà prévenu le gouvernement libanais qu'il risquait de perdre des territoires en cas d'échec à désarmer le Hezbollah.
Depuis le 13 mars, l'armée israélienne a détruit cinq ponts sur le Litani. Elle multiplie en parallèle les opérations de démolition de maisons dans les villages proches de la frontière israélienne.
Mardi, lors d'une réunion avec le chef d'état-major de Tsahal, le ministre israélien de la Défense a déclaré que l'armée allait "contrôler les autres ponts et la zone de sécurité jusqu'au Litani" afin de créer un "tampon défensif".
L'armée n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat. Jusqu'ici, Tsahal dit mener des actions terrestres ciblées dans la zone frontalière.
Selon Israël Katz, les soldats israéliens "manoeuvrent" au Liban pour établir une "ligne de défense avancée" en affrontant des combattants du Hezbollah et en détruisant leurs infrastructures, notamment des maisons servant de "postes avancés".
Pour la deuxième fois cette semaine, le ministre israélien de la Défense a comparé cette tactique à celle employée par Tsahal dans la bande de Gaza: démolir des immeubles proches de la frontière afin de "créer une zone tampon et éloigner la menace pour les communautés israéliennes".
Lundi, le ministre israélien des Finances, l'ultranationaliste Bezalel Smotrich, a appelé à l'annexion du sud du Liban jusqu'au Litani. Israël a déjà occupé le Sud-Liban entre 1982 et 2000.
Les bombardements israéliens depuis le 2 mars au Liban ont fait un millier de morts, un million de déplacés, et causé de vastes dommages dans le sud du pays et à Beyrouth.
Parmi les victimes figurent près de 120 enfants, 80 femmes et 40 personnels médicaux, selon le ministère libanais de la Santé, qui hormis ces précisions, ne fait pas la distinction entre civils et combattants tués. Deux soldats israéliens ont été tués au combat.
(Alexander Cornwell à Tel Aviv et Maya Gebeilly à Beyrouth; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Sophie Louet)